En réaction à l’inhumanité toujours plus effrénée de sa jungle urbaine, à l’immolation de sa mère devant ses yeux par des voyous, et surtout à l’énorme complexe d’être perçu depuis toujours comme un monstre, à cause d’énormes taches de vin de naissance répandues sur son corps, un jeune homme à bout pactise avec le mal pour obtenir la réalisation de son rêve. Mais ceci n’est qu’une entrée en matière.
Au début on pense à un portrait sombre de l’Angleterre décadente et ultra-violente. Ou bien une fresque centrée sur les rapports familiaux. A moins que ce ne soit le thème du monstre solitaire et incompris qui réinvente sa vie. Ensuite on comprend que c’est un film fantastico-gothique style Horns qui repose sur le dilemme faustien de la perdition de son âme, encouragé par les créatures qui hantent les quartiers sordides, la petite ange-démon aux conseils glacés à la sauce Dernière tentation du Christ, et au triomphe d’une corruption sanglante et désespérante. Mais voilà que le film s’organise finalement en thriller noir. Non, non, finalement prévaudra sûrement un drame clairement psychologique dans la lignée d’un Machinist ou d’un Fight Club.
Voici surtout un petit bijou schizophrénique, fondu en œuvre poétique et sombre, cohérente et sauvage, et dans lequel même l’accès à la sérénité reste ouverte.