Ça vaut quoi Heat en 2021 ? L'œuvre culte de Michael Mann, après 25 ans de digestion et de réappropriation mérite sans doute un nouveau regard.


Commençons par les soucis. D'abord, il y a les problèmes évidents dans l'utilisation des personnages féminins en tant que faire-valoir et simple révélateur de la personnalité des personnages principaux. L'absence de recul sur le mauvais traitement que leur inflige les héros saute aux yeux. Ensuite, la romantisation peu distancée de la figure du gangster dans le film n'est quasi jamais remise en question. La mort d'innocents ne posent des problèmes que logistique dans le récit et pour la psyché des personnages. Ceci est renforcé par le biais même du personnage de Pacino dont la fascination pour le talent de de Niro est presque gênante.


A part ça, c'est un chef d'œuvre, la teamplate des meilleurs scènes d'action de Nolan et tous ses aspirants, des Safdie à Greengrass. La précision du montage, ce travaille du son brutal et précurseur, cette caméra aux mouvements limpides, spectaculaires mais jamais démonstratifs... Mais, et on le dit moins souvent, Mann est aussi un esthète du gros plan et du champ / contre-champ, joue du tempo des dialogues pour construire une tension permanente et de la profondeur à son histoire.


Car, comme le dit le titre, c'est bien là le sujet du film au final : la pression, la tension maintenue et décrite comme la seule routine qui permet de se maintenir en réussite ou juste en survie. Ce discours est appuyé par la présence très négative de branleurs et dilettantes qui sont des personnages soit horribles, soit ridicules. Cette dureté de l'Amérique libérale qui n'épargne jamais ceux qui ne sont pas au sommet de la chaîne alimentaire, elle est retranscrite en permanence à travers la galerie de personnages secondaires et notamment de Natalie Portman et Dennis Haysbert, victimes collatérales de cette course à l’échalote.


Un film beau donc, et encore moderne, qui retranscrit avec une classe intacte la dureté de son milieu.... même s'il n'est pas toujours au clair avec sa moralité !

Mafelele
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le 5 janv. 2021

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Antoine Maf

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