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12 critiques
Pépite 2025/2026
Une belle petite claque que ce "Heel"Vu dans un cinéma virtuel sur Bigscreen (je passe régulièrement des films en vostfr vers 22h)Franchement j'ai été captivé du début à la fin c'est hyper bien...
le 15 mars 2026
Alerte !
Overdose de spoil en intraveineuse.
J'ai cru mater un film évangélique ricain, mais sans la religion, et les délires obsessionnels sur le "final fight" entre Jésus et Satan.
La dernière séquence, quand l'ex rude boy retrouve sa copine renoi, maquillage fondu, jambes écartées, éclatée, sur un canapé d'un club pérave, puis la ramène chez ses tortionnaires, en vue de sa guérison, résume le propos, ou plutôt, la thèse didactique et morale, de ce film.
Et franchement, cela m'a fait froid dans le dos.
Le message anti drogue est aussi grossier, dans le fond, qu'un épisode de South Park: "la drogue, c'est maaaaaaaaal"
Oubliez "Requiem for a Dream" (2000), ou "Drugstore Cowboy" (1989).
Tout le cortège des vices inacceptables, antisociaux, de ce jeune sauvageon mal dégrossi et inculte, sont dépeins avec le même prisme manichéen ultra démagogique (le début ressemble à un docu racoleur, tourné en "immersion", de ceux qui passent en boucle sur RMC, entre deux clips publicitaires à la gloire des forces de l'Ordre, du genre Martine patrouille sur l'autoroute, Martine cherche le shit, Marine en stage à la BAC, Martine déboule dans le ghetto métèque, ou encore, Marine et son chien renifleur toxico, un malinois nommé Jean-Marie, et bien d'autres épisodes.
En guise d'introduction., à la manière d'une liste de courses chez Auchan (Aldi pour les pauvres), le combo gagnant des travers du jeune renégat est étalé frontalement en un inventaire à la Prévert de tous les comportements moralement choquants pour l'honnête citoyen modèle, celui qui produit, pense, agis et vote bien, surtout.
La vulgarité verbale, l'argot, l'alcool, le sexe, la cocaïne (un plan magistralement ridicule montre la fine équipe taper une trace simultanément), le tapage nocturne, la techno, les ecstasy, les bagarres, les tatouages, les réseaux, la conduite dangereuse, les piercings, tout y passe.
Le "bruit et l'odeur", du même genre que ceux de la populace qui squatte la rue après un match de foot, ou les plages de Deauville, au grand dame de la bourgeoisie séparatiste, policée et donc ulcérée.
Au fond, c'est un bloc, un pavé, un parpaing, un gros paquet, volumineux, de moraline grossière, ultra simpliste et caricaturale.
Si le héros avait été, en plus, renoi ou arabe, voire pire, musulman, le réalisateur aurait ajouté, à coup sûr, du rap, des kalash, du narcotrafic, des filles en burqa, Asics aux pieds (Nike AirMax,, de mon temps), des gangs, des tournantes, des rodéos urbain à moto, des "wesh wesh' et des "fréros" tous les trois mots, les cousins des frères Kouachi et des petits neveux de Ben Laden.
Pour ce qui est de mettre en scène des violences policières, comme celles de la BAC, qui en sont, en quelques sorte, les spécialistes, j'en doute fortement.
Ce tableau est presque aussi flippant, c'est ironique, que la Russie de Poutine, dans sa version "ennemi de l'intérieur
(selon LCI, les pros du "war porn").
Bon, on a déjà échappé à ça, à moins de considérer que les jeunes racisés sont irrécupérables, d'où, pour le personnage principal, le choix d'un individu blanc, blond, bouclé, les joues rouges et les yeux bleus, un néo-celte, vaguement archétypal des standards morphologiques de l'européen moderne d'Europe de l'Ouest (du Nord), selon le réalisateur (désolé je m'égare).
D'ailleurs, le jeune fouteur de merde est raciste (il insulte la femme de ménage-capot sur ses origines), mais il devient yougo-friendly, à la fin (il lui présente même des excuses, ce wokiste. à qui il ne manque que les cheveux bleus).
Ce film accrédite la thèse, qu'au fond, en enfermant les jeunes "déviants", en les maltraitant, en les entravant, en les cognant, en les torturant, en les forçant, en les soumettant, en les humiliant, on peut, si cela s'accompagne de "bienveillance éducative", en faire des individus modèles, raisonnables, insérés socialement, obéissants, saints de corps et d'esprit, tels de bons petits moutons anglais, polonais, et plus largement, européens, ne s'écartant pas du chemin tout tracé par les soi-disant élites bergères bienveillantes qui nous maltraitent pour notre Sécurité et notre Salut.
Des "diamants" bruts à tailler, à polir, à faire briller, à façonner selon les standards, les normes, acceptables.
Ici, pas de "God Bless" ou "Jésus Loves You", à chaque phrase, comme chez les yankees évangéliques, ces Talibans chrétiens en costard au look de manager de Mac Do.
Non, ici, on a seulement la rigueur, l'austérité, l'autoritarisme, le paternalisme, le hiérarchisme, la culpabilisation, la froideur, la frugalité, l'ordre et la violence.
Ce sont les derniers oripeaux, les ultimes traces des deux branches du christianisme européen, devenues des religions zombies (selon Emmanuel Todd)
En effet, nous sommes désormais en UE_RSS, le jardin d'Eden démocratique, la civilisation la plus égalitaire, juste, libre, pure et aboutie, au Monde, entourée de jungles infestée de barbares qui l'envient et lui veulent du mal, comme ces méchants russes, obsédés par la prise de Notre-Dame (celle de Macron 1er) , et ces iraniens, cette bande de "mollahs", ces talibans perses, arriérés et idiots, qui auraient dû remercier du massacre de 170 écolières, par les USA, au nom de la Liberté et la Démocratie et qui osent se défendre, en contrôlant notamment, leurs eaux territoriales, selon leurs propres règles.
Bon, passons à l'histoire de ce long métrage, horrifique dans le fond, pas dans la forme, hyper facile à pitcher, vu la minceur de son épaisseur.
Un jeune type, vraisemblablement issu de la working class britannique, violent, exhibitionniste, drogué, tatoué, vulgaire, dépravé sexuellement, qui trompe sa petite copine, une tasspé renoi (une mauvaise fille pour un mauvais gars, donc elle est noire, la seule et unique du film, premier cliché raciste du film validé) et qui, comble des jeunes écervelés drogués aux écrans, se pavane sur les réseaux en publiant des vidéos de ses exploits (vivement qu'on les interdise en dessous de 50 ans !).
Tout le mépris de classe résumé en images, que les dominants qualifient de "beauf", "prolo", voire "racaille" ou même "wesh wesh". (quand ils sont racisés)
C'est le Mal incarné, l'archétype du marginal à (re)dresser...avant qu'il ne déteigne sur la bonne société .... et justement, les coïncidences arrivent à point.
Un soir de méga grosse chouille, à base de stimulants illégaux en poudre ou en pilules, de bières par décilitres, de techno à fond de balle,, de polyamours charnels débridés, de conduite à 3 grammes et ruinage de baisse, ainsi que de seaux de vomi, dans tous les coins, alors qu'il zone, titubant, en zigzaguant, la tête à l'envers, les yeux clignotant ,à moitié désapé, comme un déchet, dans la street , le punk version Gen Z se fait kidnapper par un père de famille "normalement" chelou.
Ce même papounet européen lambda (il pourrais être français ou danois) a embauché une clando (sans papiers) d'Europe de l'Est, vaguement ancienne pute, vraisemblablement, pour faire le ménage dans sa baraque.
(Les meufs de l'Est sont des putes, et la pseudo fille facile, la junkie, qui sert de trou au bad guy, est noire, ce qui forme un enchainement de clichés racistes finement réalisé, au nombre de deux).
Ou plutôt, ce père de famille, pas vraiment modèle, force la main de la blonde de l'Est.
Il la menace de la dénoncer au autorités, du fait qu'elle est sans papiers, si elle refuse le deal.
Vicieux, cet homme bien sous tout rapport.
Elle fini donc par accepter d'être, en quelque sorte, femme de ménage, et capot, et vient régulièrement récurer la cave du jeune monstre, enchaîné au mur par le cou (pour son bien, évidemment).
Les deux autres personnages sont l'épouse dépressive du papounet, et leur fils.
Franchement, ils n'ont aucune importance dans le récit.
On se demande presque ce qu'ils foutent là.
La grande tristounette rumine un truc, un trauma, un souvenir douloureux, qui ne sera jamais explicité,
Donc on s'en fout.
Elle est un peu sadique sur les bords, mais soft.
Elle incarne l'éducation austère et ultra stricte au nom de l'autorité de la bonne morale.
La tête de benêt du fiston résume son rôle.
Il ne sert à rien, car il ne fait rien, à part trop fumer, parfois, avec la bénédiction de sa daronne pleureuse.
Son sourire figé est limite agaçant, à force (j'ai eu envie de le secouer).
Bref, l'ex fille de joie de Bratislava, tout d'un coup, est inquiète.
Elle flippe grave.
Elle est suivie par son gang de proxos slaves (presque russes !), qui sont après elle.
Du coup, elle se réfugie dans le centre éducatif fermé familial, version maison Phoenix (les anciens auront la ref)
Quand je vous dis que c'est une famille modèle, accueillante, humaniste et inclusive.
A ce moment là, le vaurien blondinet, qui aurait pu écouter Nirvana ou Cypress Hill en 1995 (désolé j'ai les refs de mon âge), a fini par se calmr, grâce à la méthode spéciale de la maison, à savoir un mélange de tortures, d'humiliations, de visionnages culpabilisant des ses stories Insta, de sermons en vidéos et aussi de vieux bouquins de la Grande Littérature Occidentale (citer Ray Bradbury, dans ce contexte, fallait oser), ainsi que de petites cérémonies célébratoires, mièvres, improvisées.
Ah ouais, d'un coup, le teubé fouteur de merde à la révélation, et se met à dévorer des bouquins.
(Pas du Marx, du Camus, du Bakounine, du Élisée Reclus ou du Louise Michel, faut pas pousser non plus. On est plutôt sur du BHL ou du Fourest, voire du Enthoven).
Et là, PAF ! Lux lucat.
Il devient intelligent
Il a tout compris au film.
La carotte et le bâton, une main de fer dans un gant de velours, tout un programme.
Du coup, progressivement, il peut se balader partout dans la maison grâce à son maton bricoleur. qui lui installe un système de glissières.
Et là, les anciens potes de l'ex-péripatéticienne des Blakans, débarquent dans la maison, et l'enlèvent.
Le captif retord, comme submergé par un brusque et intense syndrome de Stockholm, se latte courageusement avec les gitans.
L'un d'eux porte un chapeau, à les cheveux bruns, de grosses moustaches, un look typique, blouson en cuir, pantalon de costard et mocassins, et roule dans une grosse berline allemande noire, une caisse particulièrement affectionné par ces communautés (dans la vision suprémaciste européenne).
Ils cochent toutes les caractéristiques des gitans d'Europe de l'Est, qui sont souvent des criminels, dans l'imaginaire bruxellois.
Troisième cliché raciste du film, au passage.
Le jeune, animé par l'esprit chevaleresque, se fait démonté la gueule, car il est attaché, et seul contre trois (aucun honneur ces gitans), mais son geste altruiste prouve qu'il a pris le bon plis, car il défend la veuve et l'orphelin (au passage complices de son geôlier, mais ça, on s'en fout).
Du coup, après la baston, il est totalement ok avec a petite tribu de tortionnaires.
Il fait partie de la famille, tel un fils prodigue.
Le cœur du mauvais garçon s'est purifié, son âme à été sauvée, et son esprit à accepté sa condition d'Homo Economicus.
A la fin, il se casse, tout de même, mais au moment de partir, on a droit à une séquence déchirante où le petit trio dysfonctionnel fait preuve d'une charité toute chrétienne en laissant filer leur protégé qu'ils ont réussi à guérir, voire même, à changer, même si la dépressive quinquagénaire ménopausée est triste (pour changer).
On apprend au passage qu'il y a certainement eu un prédécesseur, mais l'énigme reste un mirage.
La séquence de fin, par laquelle j'ai commencé ma critique, à fini de m'achever.
Je n'en revenais pas, de voir sous mes yeux une trame moraliste aussi lourde, malsaine. et démagogique.
Le concept de la séquestration est ultra ultra ultra éculé, genre Bugonia (2025), ou Old Boy (2023).
Il y a des tonnes de films sur ce thème là.
On ne peut pas dire que c'est mal filmé, mais pas de quoi sauter au plafond.
La photographie est terne, tristounette, austère.
Il y a un côté "Derrick" (1974-1998).
Il y a aussi une esthétique "paneuropéenne", dans les décors, les lieux, la maison, le mobilier (style Ikéa typique), les looks vestimentaires passe partout, auxquels presque tous les spectateurs occidentaux seront familiers.
On pourrait presque sentir la naphtaline et la cire.
L'action pourrait ainsi avoir lieu en Allemagne, en France, en Tchéquie ou partout ailleurs en Europe.
Le scénario est bancal, à la fois embryonnaire et totalement improbable, comme cette histoire de gitans venus des Balkans, qui déboulent, et dégagent aussi sec.
La daronne, qui devrait prendre plus de Xanax, reste vaporeuse.
Elle se réveille un peu au fur et à mesure, sans sauter au plafond (l'éther c'est puissant).
Le fiston nicotinique à le charisme d'une plante verte. Il est très souriant et fume. avec modération, si possible.
La blonde slave, dont le rôle ambiguë de complices malgré elle, de capot, aurai pu être plus exploité, reste à l'état d' angle mort.
Les clichés sur les jeunes soi-disant dépravés sont littéralement singés, comme une collection de cartes Magic ou Pokémon, au début du film, de manière caricaturale, manichéenne, presque satanique.
Le discours moraliste du film est très problématique, et vraiment, vraiment, pas vraiment démocratique.
On n'est pas dans le respect des droits humains, de leurs travers, leurs faiblesses, au contraire.
Ce que j'ai cru comprendre du message, de la thèse véhiculée par ce film, c'est le deux poids deux mesures.
Il y a la conduite, le comportement, illégitime, des jeunes, surtout prolétaires, et la violence , de la "bonne" société, du système, de l'ordre, représenté par cette famille sincèrement animées de bonnes intentions (notamment carcérales).
Par extension, on peut y voir une apologie de la logique de l'enfermement, d'un usage "légitime" de la violence, comme moyen de répression et de réinsertion des marginaux désignés comme tels par la société.
Le bon gros cliché du déviant, du criminel, du sauvage, mué en saint homme grâce à des années de taule et à tous les bouquins de Grande Littérature Occidentale qu'il a avalé en cellule, tels le "livre" de Sarko sur les bienfaits du régime lacté en détention.
(Remarque, on donne bien le Prix Nobel de la Paix à des warmongers fascistes, donc tout est possible).
Merci Maton, merci Patron.
Pour ma part, ça me fait peur, et ça me dégoûte, car je sens bien monter dans la société un certain autoritarisme au nom de la sauvegarde de la Démocratie, du respect des Valeurs, de l'Arc Républicain, et toutes ces concepts pervertis.
On dit parfois que les films, par exemple, caractérisent leur époque.
Et bien je trouve ce film affreusement actuel.
J'ai peut être capté cette œuvre de travers sans rien y comprendre, c'est possible, mais c'est mon ressenti, après réflexion.
PS:
En y repensant, à posteriori, dans ma jeunesse. j'ai coché presque toutes les cases égrainées dans ce film, de l'élément perturbateur, dépravé, et donc, asocial.
J'en ai même coché d'autres, telles qu' organiser (y jouer), et fréquenter assidument des soirées festives libres, gratuites, illégales, partout en France et en Europe (à l'arrière d'une bagnole, d'un camion ou d'un bus), en dansant sur les ruines d'un monde, post industriel, devant des sound sytems crachant de la musique électronique répétitive, parfois pendant des jours, été comme hiver, dans des champs, des forêts, des cols de montagne, des plages dorées, des zones industrielles, des terrains militaires, des mines, des carrières et des églises désaffectées, sans une thune, de 1993 à 2003 (ce qui m'aurai valu des années de prison, désormais).
C'était les années 90, mes années punk, mes années techno, mes années de débauche, de folies, de musique 24 sur 24, mes années de création, et d'expérimentations, mes années d'amours et d'aventures multiples, mes années de liberté, mes années, surtout, sans amendes débiles, sans matraques, sans hélicoptères, sans gaz lacrymos. ni LBD.
Une époque révolue.
Pourtant, je n'ai pas fini comme Tony Montana, Jim Morrison ou Ol Dirty Bastard.
Et je ne regrette RIEN.
Néanmoins, je garde gravé dans mon esprit un certain goût pour la Liberté et la subversion, et ça, c'est à mon avis leur plus grande peur.
Punks Not Dead (pas comme Marjane).
Créée
le 25 mai 2026
Modifiée
le 31 mai 2026
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