Jason est le jeune homme le plus heureux du monde, l'été est enfin là et il va pouvoir renfiler une énième fois la tenue de moniteur de camp d'été qu'il affectionne tant ! Arrivé avec ses autres collègues quelques jours avant l'ouverture du camp pour préparer les lieux, Jason ne réalise pas vraiment que personne ne le prend au sérieux à cause de son âge avancé et de la ringardise dont il fait preuve pour prétendre au titre de parfait moniteur, tous sont en effet venus là pour faire la fête avant tout. Mais un mystérieux tueur a de bien plus funestes projets à leur réserver...
Pour un premier film en duo, on ne peut pas dire que Billy Brick & Finn "Stranger Things" Wolfhard (également au casting en grand nigaud romantique) aient choisi la facilité tant les slashers satiriques/parodiques au coeur d'un camp d'été sont presque devenus une sous-catégorie du cinéma de genre à eux seuls par leur prolifération ces dernières années. Et, malgré certaines qualités, "Hell of a Summer" n'a malheureusement pas assez d'arguments forts pour se différencier de la masse.
Pourtant pourvu d'un amour que l'on ressent comme sincère vis-à-vis de ses personnages (du moins, ceux que le film prend le temps de développer, la plupart en resteront à des figures unidimensionnelles du slasher: l'accro à la célébrité futile des réseaux, la fille gothique, le théâtreux élitiste ou encore un néo-cinéaste irritant nommé... Ari -on suppute que ce n'est pas un hasard- parmi d'autres), de plusieurs vannes et situations bien senties pour servir les meilleurs d'entre eux ou même d'une mise en scène capable de flatter l'oeil le temps de quelques séquences (le prologue et la scène finale sont notamment là pour le prouver, ce qui est plutôt bon signe pour de futures velléités de réalisateur de la part de Finn Wolfhard), "Hell of a Summer" est un divertissement plutôt correct en son registre mais, faute d'une intrigue de slasher d'une envergure follement originale (que ce soit en termes de meurtres marquants et de ce que recouvre les motivations de son assassin-diablotin) ou d'un décalage humoristique à l'efficacité plus constante, le film reste dans un entre-deux ne parvenant que trop rarement à toucher à l'unisson les extrémités de son spectre comico-horrifique pour emporter la mise.
Reste une sympathique virée meurtrière au camp d'été, sans grande prétention et à la légèreté loin d'être honteuse face à la pelletée souvent lourdingue de longs-métrages s'aventurant sur le même terrain mais qui s'efface des esprits aussi vite que la vie d'un moniteur libidineux face à la lame d'un tueur masqué.