Her Blue Sky, réalisé par Tatsuyuki Nagai et écrit par Mari Okada, est sorti en 2019 sous la bannière du studio CloverWorks. Le film prend pour décor la ville paisible de Chichibu et s’articule autour d’Aoi, une lycéenne passionnée de musique, et de sa sœur Akane, restée dans leur ville natale après la mort de leurs parents. Lorsqu’un étrange phénomène fait apparaître la version adolescente du premier amour d’Akane, les deux sœurs se retrouvent confrontées à leurs regrets et à leurs rêves inachevés. Entre drame familial et romance suspendue dans le temps, le récit se veut une ode à la jeunesse et à la résilience.
Le film séduit seulement par son cadre. L’animation, soignée sans être éblouissante, fait honneur au réalisme minutieux des standards du genre. Les paysages de Chichibu sont rendus avec une douceur lumineuse, presque photographique, et la mise en scène, discrète, sait capter la mélancolie du quotidien. Le travail sur la musique donne au film une respiration sensible.
Ces qualités ne suffisent pas à masquer la grande fadeur du propos. Le film s’enlise dans une narration sans relief, où chaque émotion semble téléphonée. Tout paraît déjà vu, déjà raconté. Les personnages, figés dans des archétypes usés, peinent à susciter la moindre empathie : la jeune fille indécise, la sœur sacrificielle, l’amoureux d’hier devenu fantôme du passé. Le scénario recycle laborieusement les thèmes fétiches du trio Nagai–Okada–Tanaka sans jamais les renouveler. Her Blue Sky reste désespérément mécanique. La magie du fantastique n’y est qu’un prétexte, sans mystère ni véritable enjeu dramatique. La mise en scène, trop sage, alourdit un rythme déjà lent, et l’on finit par décrocher. L’émotion, constamment suggérée, n’explose jamais.
Le manque d’inspiration rend l’ensemble pénible à suivre. On devine chaque scène avant qu’elle ne se déroule, chaque dialogue avant qu’il ne soit prononcé. Le film se répète, étire ses situations, et donne la sensation d’un long épisode de série, plus qu’un récit de cinéma. Derrière la beauté des décors et la tendresse des intentions, il n’y a qu’une coquille vide, un mélodrame convenu dont on ressort sans rien retenir. Tout paraît fade, sage, et inoffensif: finalement c'est une production correcte, mais sans âme.