Here est un drôle d’objet cinématographique. Drôle d’objet parce que ce film de Ho Tzu Nyen pourrait s’apparenter à un documentaire dit « d’auteur » dans cette façon que le cinéaste a de mettre en scène son œuvre. Ce film se veut troublant par son aspect aseptisé à l’extrême, clinique où les patients semblent être des zombies inertes. Disons-le, Here aux premiers abords est difficile d’approche mais au fur et à mesure que le film avance, on parvient à s’imprégner de son univers. Ce film est à la fois envoûtant, fascinant, lancinant, énigmatique par certains aspects, voire ennuyeux et rebutant si l’on ne parvient justement pas à s’immerger. D’une certaine manière, il ferait partie de ces films à labelliser dans le « tout ou rien ». Et même si l’on apprécie la démarche de l’auteur et que l’on comprend le chemin sur lequel il tend à nous emmener, Here n’en reste pas moins un film où le verbe « aimer » n’aurait pas vraiment sa place. Difficile d’aimer Here puisqu’aucune émotion n’est réellement suscitée. L’auteur impose une neutralité et une distance en accord avec son sujet et l’espace dans lequel il pose sa caméra, et fait donc de son long métrage une fenêtre ouverte sur un milieu médical, dépourvu de sentiments.
http://made-in-asie.blogspot.fr/2010/02/ho-tzu-nyen-here-2009-singapour-avis.html