On ressort du visionnage de Hero Wanted un petit peu décontenancé. Car, d'une part, le produit sonne comme un peu cheap : des méchants avec des cicatrices, des gentils psychologiquement torturés, des policiers avec des intuitions, et des scènes de bar avec des billards. Tout y est pour que strictement rien ne soit inventé. Avec cela, on a une bonne cascade d'acteurs bien connus ( Cuba Gooding Jr, Ray Liotta, Norman Reedus...) qui permet de se sentir bien en sécurité dans son confort de déjà-vu.
D'autre part, on ne peut s'empêcher de remarquer de l'innovation, de la bonne volonté, du travail. Déjà, la scène d'introduction est belle : cette caméra qui traverse l'appartement d'une rue à l'autre pour suivre l'errance du chien, qui symbolisera sans doute l'errance du héro à travers une ville devenue trop petite pour lui, est une belle scène, il faut le dire. Elle est courte, mais elle est pleine de fluidité, de symbole et d'humilité. De la même manière, la scène de fusillade dans l'entrepôt, au milieu des barils, sans doute filmée par drone est, pour l'époque, très belle et donne une perspective assez nouvelle à ce genre de scènes qui n'a rien de nouveau.
Enfin, le scénario, bien qu'en apparence élémentaire, subit deux tentatives d'innovation. Car, certes, on reste sur un film de braquage, de pistolet et de méchants contre un gentil. Mais d'abord sa déconstruction et ensuite sa mise en abîme essayent encore de donner de la profondeur à un film qui aurait pu ne jamais en avoir.
En ce sens, condamner le film comme simple nanard sous prétexte qu'il réutilise tous les codes du film mafieux serait réducteur. Mais encenser l'œuvre pour son côté parfois esthétique et destructuré serait malhonnête. Cela explique ma note. On passe un bon moment, tout en sachant qu'on ne regarde pas une œuvre qui révolutionne quoi que ce soit, tout en restant conscient que le réalisateur a tenté, et réussi, certaines choses. Et il faut lui en faire crédit !