Héros sans visage
Héros sans visage

Documentaire de Mary Jimenez (2012)

Migrer, une aventure à nulle autre pareille !

Trois chapitres : le premier, intitulé L’absent, s’ouvre à Bruxelles, dans une église occupée par des migrants sans papiers en grève de la faim. La réalisatrice, Maria Jimenez, photographie ces hommes, leur donne des photos et s’en fait des amis. Quelques semaines plus tard elle apprend qu’un gréviste est décédé, ses amis lui demandent si elle possède une photo de lui. Elle revient sur les lieux, va à la morgue et se retrouve devant le visage d’un homme qu’elle n’a jamais vu vivant ! Un héros sans visage.


Second chapitre, La vie nue, Maria Jimenez est partie en Tunisie et filme des migrants réfugiés dans un camp à la frontière libyenne. Là, les hommes racontent leur épopée, images filmées avec des portables à l’appui, pour traverser le Sahara et arriver là, dernière étape avant l’Europe.


Troisième chapitre, de retour en Belgique, à Liège, Maria Jimenez recueille le témoignage poignant d’un homme qui a traversé le détroit de Gibraltar sur une chambre à air avec un camarade. Seul rescapé de la traversée, il en relate les péripéties dans un récit à la fois onirique et tragique.


Croisée des chemins, rencontres improbables, destins incroyables. Autant de vies, autant de tragédies, autant d’espérances, autant de violences, comme un miroir de notre société, qui exclue, broie et refuse de voir l’humanité. Maria Jimenez donne, à défaut de visage, une voix, un récit, une histoire à ses hommes qui ont quitté des conditions de vie précaire, vécu l’enfer dans l’espoir d’une vie meilleure et ne trouvent souvent à leur arrivée qu’une société occidentale qui, si elle ne les renvoie pas chez eux, refuse de les reconnaître. Ce film leur rend cette humanité bafouée.


Conçu comme un triptyque classique, le drame de la dernière partie est le déclencheur d’une quête pour comprendre le chemin emprunté qui se termine à nouveau dans un centre pour réfugiés. Images filmées, fixes, empruntées aux migrants, alternent à l’écran avec une narration en bancs titres de la réalisatrice ; la bande son est un élément prépondérant (prise de sons direct et ambiances sonores retravaillées), elle confère au film une dimension oscillant entre le reportage et l’onirisme désespéré de ces hommes.


Précarité, violence et déni de leurs droits sont leur quotidien.

Jean-François2
8
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le 29 sept. 2015

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Jean-François2

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