Il est trop peu souvent de ces œuvres qui me transportent et dont je sors en ayant l'impression de nouveauté non aseptisée, Heureux comme Lazarro en fait partie. Ce conte cruel et poétique est insolite et remarquable à bien des égards, il n'est pas sans rappeler dans une tout autre tonalité Bad Boy Bubby, le chef d'oeuvre de Rolf de Heer.


Soit un village hors du temps marqué du sceau de la féodalité, asservi par une marquise. Une cinquantaine de "bonnes âmes" paysannes exploitée et Lazarro, lui même avili et utilisé au sein de cette communauté. Et Lazarro jamais ne rechigne ou ne dit mot. Il est tout simplement la bonté même, un personnage d'une très belle candeur.


Simple d'esprit ou esprit supérieur pour échapper à cette triste condition ? Lazarro garde toujours un regard émerveillé un peu étonné - un œil rond qui fait fondre - et s’accommode de tout avec une réelle joie intérieure. De fait il échappe à sa misérable condition.


Une fois les agissements de la marquise démasqués et les villageois libérés, Lazarro disparaît. Il reviendra "d'entre les morts" des années plus tard à la découverte d'un monde moderne guère plus reluisant, mais lui n'a pas changé...


Et quand bien même je n'ai pas entendu la dimension mystique, ce film m'a donné du bonheur à travers des scènes parfois pénibles mais étrangement cocasses et qui apportent sourire, la dernière en étant le parfait exemple.


Sacré tour de force !

chinaskibuk
8
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Le 4 décembre 2019

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7 commentaires

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chinaskibuk
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