La BA du film laissait penser qu'il s'agissait d'une comédie, mais Heureux gagnants n'en est pas une. En réalité, on aurait bien du mal à décrire ce que les scénaristes ont essayé de faire. En revanche, on est absolument certains qu'ils n'ont pas réussi grand chose.
Le scénario déjà : on sent que le film tente de développer 4 situations de départ plutôt cocasses sur des gagnants de l'Euromillion : la famille fauchée, la jeune fille qui cherche l'amour, les terroristes islamistes, le groupe d'aides-soignants. Là, le constat est navrant : si quelques situations ou répliques peuvent faire sourire, la quasi-totalité des historiettes est plate, sans audace, inaboutie, aberrante (ce qui ne serait pas indigent si le film, dans sa forme, était une comédie déjantée qui assumait le foutraque et la caricature mais pas du tout).
L'arc sur les aides-soignants est absolument vide de comédie (sauf si le prénom Henri vous fait inexplicablement rire) et de sens, avec une conclusion parfaitement grotesque.
Dans sa forme, le film est catastrophique : sa lenteur abominable et son application maladive à nous faire endurer des dialogues trop longs et nous imposer des scènes inutiles cassent ses quelques effets comiques, embourbés dans des scènes molles. C'est bien simple, tous les dialogues sont coupés 4 répliques trop tard, toutes les scènes sont coupées 4 secondes trop tard. Le film n'a déjà pas grand chose à raconter alors qu'il condense et essaye de dégager de la nervosité au lieu de ne pas assumer ses faiblesses d'écriture et de nous rallonger la sauce...
Les acteurs eux, sont pourtant bons, Eboué/Lamy s'en sortent plus que bien, Pauline Clément également. Ils sauvent le film du naufrage total. Un naufrage dont la fin du film est d'ailleurs assez symptomatique : en tentant vaillamment d'essayer de conclure l'arc de la famille fauchée, on a droit à une conclusion mollassonne sur les déboires d'Eboué en prison, une scène de sortie de prison assez inattendue plutôt drôle et cocasse (pour une fois)... mais immédiatement sabotée par une scène finale dans la voiture familiale absolument ridicule de niaiserie et de maladresse.