Belle découverte que celle du Cinéma franc-tireur du méconnu Malik Chibane, qui réalise cet Hexagone au mitan des années 1990 ; premier volet de la "trilogie urbaine" de son auteur ledit métrage fut tourné dans des conditions pour le moins précaires et difficiles dans la cité suburbaine de Goussainville, un an avant le fameux Raï de Thomas Gilou ( ici co-scénariste ) et l'incontournable La Haine de Mathieu Kassovitz...
Plusieurs années de travail furent nécessaires pour accoucher de ce beau et tragique Hexagone, dont le titre renvoie logiquement aux premières armes musicales de Renaud. Se penchant principalement sur la deuxième génération issue de l'immigration algérienne ce drame sociétal arbore d'un bout à l'autre une forme fauchée en parfaite adéquation avec le propos développé par Malik Chibane : désoeuvrement social, misère sexuelle, chômage et racisme sont autant de préoccupations travaillées à l'os par le réalisateur, développant pour l'heure une documentation admirablement incorporée à un scénario un rien convenu mais somme toute assez efficace.
Que l'on aborde Hexagone au détour de sa science argotique, de ses situations à la fois communes et anodines ou de ses figures filmiques dépeintes à hauteur d'humanité ledit métrage n'en finit pas de témoigner de son authenticité d'un bout à l'autre, nous immergeant littéralement dans le quotidien de Slimane, Staf et leurs pairs. Si néanmoins le film n'est pas exempt de défauts techniques et même dramaturgiques ( interprétations parfois inégales en fonction des comédiennes et des comédiens ) il saisit par son souci de naturalisme amenant au plus beau des discours - comprendre ici au sens de Vérité. Un film assez remarquable.