Avec Hidalgo, Joe Johnston veut renouer avec les traditionnels films d'aventure des années 60.
Comme il l'avait fait avec les serials des années 30 dans Rocketeer.
Et ça fait plaisir, en 2026, de revoir un film d'aventure tourné en décors naturels, sur pellicule.
La photographie, qui n'est pas trop retouchée numériquement, est plutôt jolie, et les décors sont magnifiques.
L'introduction est assez longue, il faut attendre au moins une bonne heure avant le début de la fameuse course, contrairement à Bite the Bullet de Richard Brooks, qui traite du même sujet.
Viggo Mortensen, qui est très bon, campe un cowboy à moitié indien accompagné d'un cheval espagnol, Hidalgo, un mustang. Un peu trop cliché à mon goût, mais le charisme de l'acteur aide beaucoup à faire passer la pilule. Le cheval est caractérisé par des regards qui semblent réalisés en CGI, ce qui donne un léger côté bande dessinée à certaines situations. Le casting est majoritairement composé d'acteurs arabes, et cela fait plaisir que, dans une production américaine, les personnages arabes soient enfin interprétés par des acteurs arabes.
En tête d'affiche, il y a bien sûr Omar Sharif, qui permet une filiation avec Lawrence d'Arabie, le plus grand film d'aventure se déroulant en Orient.
La course en elle-même n'est pas très passionnante, c'est avant tout une épreuve d'endurance. On voit surtout Viggo et son cheval galérer seuls face aux intempéries et à la chaleur. Il y a trois étapes, et à chacune d'elles les personnages se retrouvent. Louise Lombard, la chrétienne, et Zuleikha Robinson, la musulmane, sont les deux « love interests » du héros, l'une veut gagner par tous les moyens, l'autre cherche à s'émanciper et à conquérir sa liberté.
Il n'y aura d'ailleurs aucune relation intime dans le film, ce qui est assez rare pour être souligné, Viggo préfère son cheval.
Pour rythmer davantage le récit, le scénariste a la fâcheuse idée d'ajouter des péripéties annexes, libérer une princesse, affronter des pièges… On sent parfois un peu trop les ficelles du scénario, ce qui est assez gênant.
Le pompon revient à la fausse scène de mort du cheval, uniquement destinée à faire pleurer dans les chaumières.
Elle n'a d'ailleurs aucun impact sur la course finale, au point que le personnage ne semble même plus s'inquiéter de l'état de son cheval par la suite.
C'est un peu le gros défaut du film, on n'y croit jamais vraiment. Les décors sont sublimes, on est galvanisé par les couchers de soleil et les silhouettes qui s'en détachent, mais c'est tout. Il n'y a aucun véritable impact émotionnel. Même la fin, pourtant assez belle, avec ce troupeau de chevaux en liberté, reste assez factice.
La musique est vraiment agréable et donne au film un peu plus d'ampleur.