Hidden Blades est un thriller d'espionnage historique chinois dont l'intrigue se déroule entre 1938 et 1943 et illustre la lutte des courageux communistes nobles de coeurs, contre ces pourritures de Japonais envoyés par Satan. Superbement mis en images, il enchaîne des scènes décousues durant lesquelles des espions froids et impassibles enchaînent clope sur clope au cours de monologues interminables et d'une vacuité assommante. C'est un film qui parle beaucoup pour ne pas dire grand-chose, et son montage non-chronologique lui confère un rythme indigeste.
On peut que lui reconnaitre qu'il aligne des images magnifiques, certes, et quelques cassages de gueules plutôt enlevées, mais entre chaque tableau saisissant, on se paye des douches d'exposition et de philosophie militaire, durant lesquelles on vous montre que le méchant est très méchant, et que nos deux héros sont froids et impassibles, et qu'ils cachent sous leur morosité un tumulte intérieur qu'on simule à grand renfort de cigarettes et de plans esthétisants sur des intérieurs froids et moroses.
Tout est gris, froid, morose ou cruel, dans Hidden Blades, mais le film ne m'a pourtant fait ressentir que bien peu d'émotions. La faute en revient en partie à un casting inégal : Tony Leung, dont le charisme est largement sous-exploité, et Wang Yibo, qui semble ne pas en avoir une once. Les autres personnages sont anecdotiques. On les verra s'entre-trahir, tuer, violer, ou se voir ordonner des crimes obscènes, mais le plus choquant de cette affaire est l'indifférence que leurs tribulations suscitent.
Certes, les circonstances sont aussi hideuses que les images sont sublimes, mais comme tout le monde a l'air mort à l'intérieur, j'ai eu le plus grand mal à ressentir de l'empathie pour qui que ce soit, et même le combat final, climax de tout ce foutoir, en ressort comme un exercice de style un peu vain dont l'issue a peu d'importance.