Hippocrate nous conduit dans les couloirs d’un hôpital parisien. Benjamin Barois est un jeune interne travaillant dans le service de son père. Plein d’assurance, il va faire la rencontre d’Abdel Rezzak, médecin algérien travaillant ici en tant qu’interne afin de valider son diplôme d’équivalence. Très vite, Benjamin va se rendre compte du fossé de compétence existant entre eux, et de l’état déplorable de l’hôpital. C’est d’ailleurs en partie à cause de l’absence d’une machine à ECG que Benjamin causera la mort d’un patient, mort vite couverte par ses supérieurs, qui lui clame que « oui, il a fait l’ECG, puisqu’elle est sur leur bureau ». Désabusé par ce traitement, qui lui ferait presque douter de l’existence même d’une erreur en l’absence de punition, Benjamin va croiser doutes et colères. Abdel, lui, en bon médecin, fera tout pour décrocher son diplôme, mais pas au prix de la souffrance de ses patients.
C’est donc une réflexion sur l’hôpital, ici dirigé par un ancien de chez Amazon.com, sur son état et ses manque de moyens, mais c’est surtout la chronique de deux hommes, d’âge, de milieu et d’origine différente. Deux hommes prit dans ce qui est plus qu’un métier, mais qu’Abdel qualifie de « malédiction ». C’est un film qui fait peur, mais les exemples (comme celui de l’interne faisant plus de 50h de garde) sont trop judicieux pour n’être que de la fabulation. On est loin ici des Dr House ou autres séries médicale. On est ici devant un très bon film, où l’action ne prédomine pas mais qu’on suit sans décrocher un seul instant.