C'est complètement par hasard que j'ai regardé ce film, suite à mes errances sur Netflix. Le synopsis était sympa : un couple de migrants arrivés jusqu'en Angleterre se voit loger dans une maison hantée.
Impossible de demander à déménager, ils doivent accepter tout ce que leur nouvelle contrée leur offre sans rechigner, sinon c'est retour en enfer...
Au départ, j'ai lancé le film sans grandes attentes mais à l'arrivée, je n'ai pas regretté mon choix!
Le côté épouvante est efficace (je suis bon public pour les jump scares, ça aide), le drame de départ qui, d'apparence, laisse nos deux héros hanté par la tragédie de la perte d'un enfant nous les rend attachants et la tension est bien dosée tout au long du film.
L'esthétique est plutôt réussie, avec deux trois plans particulièrement dingues visuellement, mais c'est avant tout la thématique de la culpabilité du migrant qui constitue, à mon sens, le réel intérêt de ce film.
Comment passer à côté de cette métaphore, que constitue le film, de la culpabilité d'être parti, d'avoir sauvé sa peau, d'avoir peut-être été contraint de faire des sacrifices humains pour survivre?
Il me semble que cette question du sentiment de culpabilité est encore très peu traitée alors qu'elle est à la base de beaucoup de dysfonctionnements et de souffrance chez les réfugiés eux-mêmes mais aussi chez les personnes qui vivent dans les endroits qui les accueillent.
Ce sentiment de culpabilité est comme un fardeau, une tragédie sans cesse recommencée, un fantôme tapis dans les méandres de l'inconscient collectif prêt à hanter toutes les maisons où l'on irait se réfugier pour fuir la guerre, la mort ou la misère en laissant peut-être derrière soi des pairs moins chanceux.
On comprend bien vite, en regardant ce film, que les fantômes ne hantent pas la maison mais l'esprit de nos deux héros qui sont marqués au fer rouge par les horreurs qu'ils ont vues et traversées avant d'arriver en Angleterre.
Un parti pris pas évident mais juste.