Présenté en même temps que The Killer de David Fincher à la Mostra de Venise, Hit Man s'amuse également avec la figure du tueur à gages. Le style de Richard Linklater diffère nettement de la mise en scène clinique de Fincher certes, mais on peut dresser quelques passerelles entre les deux œuvres. D'un côté un thriller sarcastique enchainant les gnons à l'encontre de son personnage principal, de l'autre une comédie romantique qui remet au fur et à mesure les actions et le comportement de son héros en perspectives. Le fait que le job officiel de Gary Johnson soit professeur de philosophie n'est pas un subterfuge puisque son sujet de prédilection (le Persona de Jung) va étroitement se lier à son autre boulot, à savoir infiltré de la police. On se rassure tout de suite, Hit Man tout comme The Killer n'essaie pas d'être autre chose que ce qu'il est (du moins, au premier abord). Les mésaventures de Gary sont assurément tordantes, avec ses différents looks archétypaux histoire de faire illusion auprès de sa clientèle. L'humour se fait nettement plus grinçant arrivé en deuxième moitié, quand le malheureux trublion galère à jouer sur les deux tableaux auprès de la police et de son coup de cœur. C'est également à partir de là que le long-métrage fait quelques pas de côté pour flirter avec la farce noire, alors que l'intrigue renvoie de plus en plus Gary face à ses questions identitaires. On continue à se bidonner, notamment lors d'un interrogatoire malicieux où la flamme rejaillit, ce qui est à la fois mignon et trouble. Dommage que le tournant arrive un peu tard, cela dit on ne boude pas son plaisir devant la performance bluffante de Glenn Powell (également coscénariste et coproducteur) et l'alchimie imparable de son couple avec la rayonnante Adria Arjona.