Réalisé par Tiffany Paulsen, Hiver, printemps, été ou automne s’inscrit dans la catégorie des romances adolescentes formatées, multipliant les clichés du genre sans jamais en détourner les codes.
La curiosité de voir Jenna Ortega dans un rôle principal valait le détour : malgré la superficialité de son personnage, elle s’en sort honorablement, confirmant qu’elle a le potentiel pour briller hors de ses séries Netflix (même s'il faudra mieux sélectionner ses apparitions à l'avenir). Mais ce léger atout est vite étouffé par un scénario mécanique : rencontre fortuite, bal de promo, petit restaurant secret, séparation forcée et réconciliation sous une fenêtre avec un slow — tout y est, jusqu’à la caricature. Même l’élément déclencheur du conflit frôle le ridicule : trois margaritas suffisent à faire dérailler Remi, pendant que Barnes incarne une attitude paternaliste en lui suggérant plusieurs fois de stopper la boisson (on rappelle que lui consomme le chanvre commun).
Le principe de découper la narration selon les saisons aurait pu donner une vraie respiration visuelle, comme dans We Live in Time, mais après un premier acte joliment habillé de l’hiver, l’idée s'abandonne complètement. À cela s’ajoutent une bande-son saturée de pop-rock interchangeable et un casting secondaire en roue libre : ni Adam Rodriguez ni Marisol Nichols (déjà peu convaincante dans Riverdale) n’apportent d’épaisseur à leurs rôles.
Au final, je ne peux pas dire que j’ai passé un mauvais moment, mais je ne retiens rien non plus de ce film fade comme un plat réchauffé : rassasiant sur le coup, mais aussitôt oublié.