J’avais pourtant beaucoup apprécié « l’Enfant d’en haut» de la même Ursula Meier , mais là non , je n ’ai pas pu adhérer. La 1ere partie est assez agréable, on est un peu dans un film décalé, loufoque, à la manière de Gustave Kervern ou des frères Larrieu , très bons, un ton persifleur , et un peu branque. Mais très vite on bascule dans la névrose, et dans une sorte de terreur humaine oppressante. Plus rien n’est crédible, ni réaliste bien sûr, aucune villa particulière ne pourrait rester en bordure d’une autoroute .
Bien sûr il s’agit d’une métaphore, la supposément « civilisation , vilaine » qui vient étouffer une bonne petite famille heureuse, « nature » . On bascule alors dans une fable philosophique assez hermétique , inspirée du mythe de « la Caverne » de Platon, mélangé, au « Rocher de Sisyphe » de Albert Camus , mais de fait on perd toute empathie avec les personnages. Ils deviennent dingues, hystériques, outils de propagande, pour défendre la théorie de Meier . On atteint un climat glauque, sordide, difficilement supportable dans la dernière demi-heure. Trop intello, trop 3eme ou 4eme niveau. Plus rien d’humain.
Les acteurs sont très bons : I. Huppert , encore une fois exceptionnelle, dans un rôle impossible, extrêmement complexe, Olivier Gourmet, très bon, même s’il surjoue un peu parfois , la jeune fille qui joue Marion formidable, Madeleine Budd . Bonne direction d’acteur, très belle qualité d’image, cadrages très soignés.
Mais la longue dissertation théorique, est une vraie soupe amère.