Sept jeunes amis décident de mettre en oeuvre une prise d'otages afin de fuir la Géorie. Cette prise d'otages demeure le fait divers le plus sanglant du pays.
Hostages est un film géorgien sorti en 2017 de Rezo Gigineishvili. Le film montre comment 7 jeunes adultes tentent de détourner un appareil pour gagner l'Europe de l'ouest lors d'un vol intérieur.
Attention, cette critique contient de nombreux spoilers.
Hostages est clairement découpé en 2 parties. La première partie du film nous montre les préparatifs dans le plus grand secret de nos apprentis terroristes, leurs familles étant bien loin d'imaginer ce qu'ils ont préparé. La deuxième partie du film montre la tentative de détournement, les coups de feu dans l'appareil et l'échec de l'entreprise.
On constate l'impréparation du commando, la "légèreté" des autorités aéroportuaires de l'aéroport et le gâchis en vies humaines.
J'apprécie les biopics sur l'histoire récente (Otages à Entebbé...) mais j'ai trouvé Hostages aussi intéressant qu'un mauvais documentaire, je n'ai ressenti aucune empathie pour les terroristes amateurs (ce qui explique ma note), ni aucune immersion pour un fiasco annoncé d'avance.
Là où le bât blesse, c'est au niveau du message. Le réalisateur tente assez maladroitement de réhabiliter, dans un monde plongé dans la mondialisation à outrance, un acte criminel 34 ans après les faits et 25 ans après la chute du mur de Berlin.
Tout d'abord, le commando de jeunes gens qui pose sur l'affiche du film tel un groupe de rock satisfait de son image est aux antipodes de l'assurance affichée. Certains sont déterminés, d'autres se sont faits entraîner, d'autres ne sont même pas au courant. S'ils ont mal préparé leur coup, leur capacité à faire feu sur l'équipage ne souffre en revanche d'aucune hésitation. Le réalisateur insiste sur le procès expéditif qui a suivi, la peine de mort prononcée contre les pirates (à l'exception de la jeune femme) et l'endroit gardé secret par les autorités de l'Etat de leurs sépultures après leur exécution.Ce fait divers rejoint, sur le plan politique et plus près de nous la Révolution orange en Ukraine, encouragée par l'Allemagne et les Etats-Unis, qui avait opposé les jeunes étudiants et l'Ouest du Pays à l'Est du pays et au reste de la population plus âgée et moins diplômée.
Il est patent que bien des années après les faits, le réalisateur géorgien règle, avec ce film engagé, ses comptes avec "le grand frère soviétique devenue Russie" avec qui les relations ont été - et demeurent- houleuses. Cependant, le message lors du générique de fin selon lequel "les ressortissants des Etats satellites de l'URSS ne pouvaient quitter leurs pays pour voyager à travers le monde" et ce jusqu'en 1991, aussi restrictif des libertés qu'il soit, ne constitue en rien une excuse à cette tragédie, ni à aucune prise d'otages d'ailleurs.
Ma note: 4/10