Depuis la début des années 60, Hutus et Tutsis se foutent plus ou moins sur la gueule depuis l'indépendance du pays. Les Belges se sont barrés et c'est à qui aura la plus grosse dans ce petit pays dont tout le monde se fout apparemment. Mais au printemps 1994 ça tourne au vinaigre. L'avion du président rwandais se fait éclater en plein vol (le président du Burundi à son bord également) et c'est le déclic pour des affrontements, des razzias et le début des massacres. Le début de la fin. Au même moment en Yougoslavie, c'est un bordel sans nom. Du coup l'ONU ne sait plus où donner de la tête. Casques bleus par-ci, casques bleus par-là, on ne chôme pas côté interventions militaires.
"Hotel Rwanda" nous plonge (mal) dans cette atmosphère délétère et mortifère qu'a connue le Rwanda durant de longs mois. Terry George, le réalisateur, n'a rien trouvé de mieux que de nous balancer un ersatz de La Liste de Schindler à travers le personnage de Paul Rusesabagina (Don Cheadle) qui est mauvais dans son rôle de sauveteur des Tutsis, en croyant naïvement que son hôtel de luxe sera le refuge parfait. D'ailleurs les clients européens se voient rapatriés fissa. C'est pas pour rien. S'en suivent d'interminables images d'Epinal à la sauce hollywoodienne de ce qu'à pu être les exactions en tout genres. Mais cette manière d'empiler des scènes de violence ne rend pas justice au Rwanda, non plus aux Hutus ni Tutsis. Tout est vraiment prévisible dans la trame. C'est linéaire et particulièrement insipide. On a juste affaire à un type qui a de louables intentions certes, mais dont les actions ne retranscrivent pas l'ambiance et l'histoire dans son ensemble.
De vous à moi, allez plutôt donc visionner un documentaire étayé sur le sujet.