Hulk (2003) est un film sur lequel j’ai toujours eu du mal à me faire un avis définitif. Je lui voue une certaine forme de respect, tout en restant profondément partagée, car certains de ses choix m’ont toujours posé problème, aussi bien lorsque j’étais petite qu’aujourd’hui. Pourtant, il possède une atmosphère incroyablement singulière — notamment grâce à la très bonne B.O. de Danny Elfman, mais pas que — que l’on ne retrouve dans aucun autre film du genre.


Son style visuel, très inspiré des comics, ne fonctionne par exemple pas toujours pour moi. Les effets de découpage (split screens), qui reproduisent les cases d’une bande dessinée, sont originaux, mais rendent parfois les scènes d’action difficiles à suivre et quelque peu lourdes. Ang Lee adopte également une approche très psychanalytique du personnage, en traitant de ses traumatismes — via ses cauchemars et ses flashbacks — et de ses relations familiales aux accents de tragédie œdipienne. L’idée est audacieuse, mais elle est parfois poussée si loin qu’elle éloigne (trop) Hulk du blockbuster de super-héros classique.


C’est d’ailleurs ce qui rend le film si difficile à définir. Il mélange drame familial, science-fiction, film de super-héros et action, avec un équilibre qui fonctionne de manière assez inégale. Puis le rythme est lent. Très lent. Et ça parle beaucoup. Malgré cela, je comprends parfaitement que l’on puisse l’apprécier. On sent que le projet a été réalisé avec sérieux, mais aussi avec une véritable ambition dramatique et artistique.


Hulk, incarné par un Eric Bana décent, est lui-même un personnage intéressant et tragique, qui rappelle par certains aspects la créature de Frankenstein : un être puissant, mais profondément tourmenté et isolé. Les effets spéciaux restent également corrects pour l’époque, même si Hulk possède parfois un côté un peu enfantin dans ses expressions. Les quelques scènes d’action sont globalement fortes et réussies, à l’exception, selon moi, de celle avec les chiens mutants, que je trouve ratée aussi bien dans son exécution que dans son rendu visuel. Puis Jennifer Connelly, bien que ravissante comme un mannequin pour les yaourts Perle de Lait, ne semble pas particulièrement encline à se fouler en matière d’expressivité, que ce soit dans ces moments-là ou dans les scènes plus posées.


Bref, Hulk est une véritable anomalie dans le paysage des adaptations de comics. Il pourra séduire celles et ceux qui apprécient son approche presque cérébrale et son imagerie hautement personnelle, mais risque de dérouter les spectateurs qui attendent avant tout un film pop-corn survitaminé, devant lequel on peut se permettre de débrancher son cerveau.

Pour aimer ce film, il faut être prêt à accepter, voire à embrasser pleinement, sa vision. Dans le cas contraire, c’est l’ennui assuré (d’ailleurs, je ne suis jamais parvenue à regarder ce film d’une traite : c’est toujours en deux fois).


Verdict : 6/10.








MalaurieR
6
Écrit par

Créée

le 21 sept. 2025

Modifiée

le 29 août 2026

Critique lue 7 fois

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