Introduction
Depuis 2008 il n'est plus question de Banner mais bien plutôt de Hulk. Quelques théories spéculatives pourront admettre qu'aujourd'hui Hulk a pris un tournant plus Blockbusteresque qu'avant. Triste de constater qu'il ne représente plus que le bras armé d'Avenger. Voici le géant vert parfois drôle qui peut gagner des bras de fer contre Thor. Plus la peine de faire des films personnalisés sur son histoire, ce qui compte n'est plus sa spécificité mais son rôle à jouer dans le MCU. Comme le Colossus des films Deadpool, on ne présente plus Hulk le bagarreur, le muscle super héroïque spectaculaire. L'anecdotique Bruce Banner, n'est plus que l'ombre de son pouvoir: une relation amoureuse et une course-poursuite chez Ragnarok, voilà à quoi on pourrait le résumer aujourd'hui. Bien que, j'ai tout de même apprécié l'effort qu'ils ont attribués au mini-développement sur son super pouvoir.
Si les Captain America, Iron-man, Thor ou encore les Gardiens de la Galaxie ont eu le droit à une série de films, j'ai vu quelque part sur le net que c'était parce qu'ils faisaient vendre plus que les autres personnages. Soit, cela n'explique guère le développement post-Avenger de Spiderman, Doctor Strange ou encore Ant-man.
Bref, ne soyons pas naïf, la stratégie Marvel consiste à grossir l'univers le plus possible non pas en l'enrichissant scénaristiquement mais bien en rajoutant le plus possible de futurs jouets pour nos fans fantasmés par les super-pouvoirs, plus que par ce qui caractérise l'essence même de l'héroïsme (ou d'un personnage tout court).
Mais après tout ne leur en voulons pas, il s'agit de films tout publics dont moi-même j'en fais et ferais toujours la consommation exhaustive de par leur simplicité (puis merde, les super-héros quoi).
Bruce Banner
Cependant je suis forcé de constater que nous perdons aujourd'hui ce qu'était Hulk à la base. Soit un alter-ego, une dimension alternative d'un personnage bien connu, confronté à ses propres problèmes d'une complexité ahurissante. Je ne comprendrais jamais la note globale de ce film. Pour une fois, Hulk est montré non pas comme un squelette creux qui enfile un costume mais bien comme un humain malchanceux à qui on attribut une malédiction extraordinaire.
Contrairement aux films récents, nous avons ici une véritable genèse du personnage. Un véritable background depuis l'enfance, qui montre un Bruce traumatisé, en guerre contre lui-même avant même que le monstre n'apparaisse en lui. Car en vérité Bruce n'a pas un seul monstre dans sa tête mais bien deux: son pouvoir et son père. Rien que ce constat posé, la mise en scène du film en dit long sur ce que l'auteur va vouloir nous raconter. Ensuite, à chacun de vivre cette expérience personnellement. Moi ce que j'en ai pensé, c'est que les conflits familiaux, les blessures psychiques et physiques, les expériences scientifiques foireuses et l'avidité, ça fait pas bon ménage. Rajoutez un monstre vert dans Naruto, ou dans tout autre fiction passionnante et vous obtiendrez presque la même histoire.
Film de super-héros?
Non, il n'est pas question de super-héroïsme dans ce film. Vous me direz que dans Incredible Hulk il n'en est pas question non plus. Dans les deux films nous avons un traitement de Banner en tant que fugitif d'un système qui par incompréhension et par extension par crainte, tente d'arrêter la bête au nom de la sécurité publique. Certes, c'est une histoire intéressante qui n'est pas sans rappeler celle de nos voisins mutants des X-men. Un monde ou les Supers sont craint par l'humanité. Mais dans ce Hulk le scénariste va plus loin que ce qu'on a pu faire aujourd’hui.
Premièrement, bien que Hulk soit un fugitif en 2003 et en 2008, on remarque que dans Incredible Hulk il sauve une ville entière à la fin. Alors on pourrait dire que ici aussi, de par sa conscience encore présente Hulk fait attention à ne surtout pas tuer ses adversaires. Un Hulk pas si énervé que cela me direz-vous (d'ailleurs il fait preuve d'une sensibilité plutôt étrange pour un Hulk). Cependant à aucun moment il n'est question de le voir comme un héro aux yeux des gens, cette sensation peut se faire ressentir seulement par le spectateur qui interprète ses actions bienveillantes. Mais à aucun moment il ne peut pas être vu par le peuple concerné comme une gentille bête contrairement à Incredible Hulk ou les citoyens pouvaient clairement constater qu'ils étaient sauvés par lui. Rien que cette ambiguïté m'intéresse car cela fait réfléchir sur notre propre place au sein de la scène. Qu'aurait-on pensé de lui si l'on avait été dans la ville?
Peut-être que vous me direz que cette interprétation serait un peu poussée. En tout cas, je regarde ce film depuis mon enfance, et même petit j'étais fasciné par l'approche que je viens de citer. Hulk, c'était mon Super-héros préféré pour cette même raison. Bon, et aussi parce que la colère ça reste le meilleur pouvoir qui existe mais passons.
Conclusion
Et il y a eu les films Marvel. Tout est dit au début de ma critique, je ne comprendrais jamais pourquoi on a abandonné le traitement de ce personnage qui n'a rien à envier à un Captain ou à un Black Panther. Heureusement, certains films actuels sont plutôt bien, puis il faut avouer que je suis fier de ce qu'ils ont fait avec Iron-man.
Mais voilà, au final, Hulk me fait l'effet d'une explosion. Un film intelligent et travaillé ravageant toutes les possibilités du personnage sur son passage, ne laissant plus qu'un désert cinématographique. Mais je garde espoir.