Plan fixe, extérieurs jour et nuit, quelques intérieurs intimes.
Ce film n’est pas une fiction. Son traitement fin, habile et incisif de la corse en fait un documentaire rare et nécessaire.
Loin des clichés habituels, Pascal Tagnati filme la corse à son état brut, sans chercher à cacher quoi que ce soit. On y retrouve les lieux habituels parmi lesquels sont subrepticement glissées quelques habiles références qui ne seront comprises que des initiés.
Des lieux communs comme la rivière et la place du village, à la chambre intime des grands-mères et du sexe. Orgueil, colère, franc parlé, fléau des fourmis et chants traditionnels. La corse se dévoile dans son intimité et laisse entrevoir sa vulnérabilité: la douce tristesse dont sont épris ses habitants, pris dans l’identité villageoise pour certains et l’absolu désir de fuite pour d’autres.
Une île vivante mais mélancolique, voilà le vrai visage de l’île de beauté.