"I comete" est un film incandescent, solaire, qui exprime, par petites touches, le sentiment de l'été, dans un village de Corse. Il a une certaine proximité avec "Mektoub, my love" (Mais que fait-il, Abdellatif, depuis tout ce temps?), quoique le film de Pascal Tagnati soit plus intergénérationnel. Le film est composé de saynètes filmées en plan fixe, plutôt éloigné des personnages, englobant l'environnement qui les entoure. La caméra se rapprochera parfois, rarement. Le film est émaillé de chants corses (traduits) à capella,et de très beaux plans brefs sur la campagne corse. Tous les âges de la vie sont représentés, apportant leur fraîcheur, leur humour, leur gravité. On y parle de tout et de rien, suivant les générations, aussi de politique, mais ce n'est pas le sujet du film. On sourit souvent devant cette comédie humaine d'une apparente simplicité faite de moments variés de la vie, où la juxtaposition de plans très opposés, souvent du bruit au calme, dans leur contexte et leur atmosphère créé la dynamique de l'ensemble. Certains plans ont lieu dans des intérieurs, où, presque à chaque fois, la présence d'une fenêtre ouvre sur la lumière du monde extérieur. Encore de magnifiques plans. Il y a également ces moments sensuels au bord d'une rivière paradisiaque et les échanges sensuels entre une femme, au centre de l'image, et un homme, hors champ. Parfois, les dialogues ne sont pas toujours compréhensibles, mais c'est l'ambiance qui prime, dans ces moments-là. Une vieille femme dit, à un moment donné :"La liberté, c'est une chose intime". Repeindre une fenêtre ouverte sur la nature, lors de ce plan qui clôt le film en est l'illustration incarnée. Un premier film coup de maître.