Pour ceux qui voudraient sérieusement voir ce film, tout d'abord sachez que je le déconseille, mais si vous persistez c'est la lecture de ma critique -riche en spoilers- que je vous déconseille :
Des écoliers (filles et garçons) violent une fille en se marrant devant un autre écolier, souffre-douleur, impuissant mais excité par la violence et l'acte de viol, qui deviendra Ichi : un assassin introverti qui pleure devant ses victimes avant des les tuer sous l'impulsion de la peur ou par réflexe d'auto-défense, aidé par son armure de kevlar équipée de lames de rasoir d'environ cinq centimètres
à chaque talon. La violence de l'acte provoquant la turgescence de son pénis, il se masturbe convulsivement après l'acte.
Étant un assassin quasiment invincible capable de tuer des dizaines de Yakuza en quelques secondes et beaucoup de giclées de sang, il attire la convoitise d'un syndicat qui l'utilise en le manipulant, le persuadant de la mauvaise nature des personnes qui sont ses cibles, les comparant aux bully qui maltraitaient Ichi.
Il en vient ainsi à tuer le boss d'un syndicat nommé Anjo (dont le doyen joue excessivement mal), et à provoquer sa traque par un autre tueur, sadomasochiste, dénommé Kakihara. Kakihara est un tueur blond au visage scarifié façon joker qui s'habille en prada (les tueurs du film ont tous un sens très personnel de la discrétion) qui prend plaisir à enfoncer des aiguilles dans le corps de ses victimes et qui était amoureux de son boss parce que celui-ci le tapait très fort.
Voilà le pitch. Il y a plus de raisons en ces quelques lignes qu'il n'en faut à un homme raisonnable pour l'éviter, surtout si je précise que l'œuvre culte de Miike est presque entièrement premier degré et que les phases d'humour sont d'une lourdeur à faire ployer atlas (une mouette qui lâche une fiente sur un pare-brise, un tueur qui traque un autre en reniflant la fleur intime de sa compagne, des ninjas accoutrés de façon grotesque avec des barrettes en forme de peluche dans les cheveux etc...), sans parler d'une esthétique effet-3D façon budget 14€ et une violence grand-guignolesque tout-ketchup qui m'a donné faim (j'ai repris trois fois des tartines au Nutella pendant ces deux heures interminables).
Je précise que le jeu d'acteur oscille entre le mauvais et le médiocre, tout est surjoué de la façon la plus grotesque qui soit, les dialogues ne valent guère mieux (certains valent le mérite d'être cité, comme celui entre Ichi et une prostituée battue par son Mac qui ressemble en français à un truc du genre :
« -Ichi: Comment Il t'a battu ? -Prostitué: Quoi ? -I: Ça t'as fait mal ? -P: Oui, oui, parfois j'aimerais qu'il meure. -I: *regard lointain* Mourir... »
Lequel mac, précisons pour souligner la cohérence du récit, bat ses prostituées avec une batte de basse-ball, les défigurant pour les punir de ne pas ramener assez d'argent ou tout simplement pendant l'acte sexuel.
Enfin bref, Ichi the Killer est un monument dressé aux mauvais mangas pour enfants, oscillant entre la parodie leste et puérile et le récit d'un grotesque encore rarement vu (pour ma part) au cinéma.
Je n'aimerais pas être chargé de rédiger les encarts publicitaires au dos des jaquettes VHS ou DVD de ce que j'ai du mal à appeler un film, aussi je lui met la note d'Ichi sur 20.