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Il se peut que certains imaginent que j’ai sélectionné *Ida* pour me la jouer cinéphile. Après tout l’œuvre de monsieur Pawlikowski a gagné nombre de prix prestigieux dont l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Sauf que, pour le coup, ça n’a rien à voir. En vérité, c’est juste que je pouvais l’emprunter à la médiathèque de ma ville ! Il faut aussi avouer que le pitch d’Ida m’intriguait...
On ne va pas se mentir, une histoire qui se déroule dans la Pologne des années 60 et dont l’héroïne est une jeune novice sur le point de prononcer ses vœux promettait un truc austère. L’austérité et la pureté sont d’ailleurs les premiers éléments qui m’ont frappée, à l’image du quotidien strict d’Ida au couvent. Austérité des décors donc, mais aussi dans le jeu de l’actrice principale, Agata Trzebuchowska. La jeune femme n’est pas une professionnelle du cinéma et n’a jamais souhaité le devenir. Du coup, tout le long du film, je n’ai pas cessé de me demander si son jeu devait tout aux désirs du réalisateur ou de son inexpérience… Parce que franchement, Ida ne montre presque rien. Elle promène un regard presque mort sur le monde et semble, même quand elle est confrontée aux vérités de sa famille, rester imperméable à la vie. Bon, il est vrai qu’elle est jolie et que la caméra lui offre des cadres sublimes...
Sauf que ça ne suffit pas. Vu qu’Ida est le personnage principal du film, qui porte quand même son nom, cette prestation froide m’a empêchée d’être touchée par l’histoire. Heureusement, face à elle, j’ai pu découvrir une actrice incroyable, Agata Kulesza. Son talent donne à son personnage, celui de Wanda, la tante de l’héroïne, toute la complexité et la subtilité que le rôle exigeait. À elle seule, elle sauve l’histoire. À elle seule, elle est parvenue à m’émouvoir. Autant le destin d’Ida m’a laissé de marbre, et m’a même agacée par instant, autant celui de Wanda m’a passionnée.
Parce que oui, en définitive le film de Pawel Pawlikowski m’a déçu. Vu le nombre de prix qu’il a reçu, je m’attendais à une œuvre très forte, une histoire bouleversante. La fin m’a particulièrement dépitée… Et pourtant… Pourtant je peux comprendre que le film fascine : visuellement c’est une merveille. Chaque plan est un tableau magnifique...
Chef d’œuvre visuel, Ida peine pourtant à trouver grâce à mes yeux. Comme Ida, qui paraît toujours rester à distance de la vie et des émotions, je ne suis pas parvenue à rentrer dans le film.
Créée
le 16 févr. 2022
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