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Voici un put*in de très beau film !!!
Beau dans tout les sens du termes. Beau déjà par l'histoire, certes minimaliste, voire simple, mais il n'y a pas besoin de multiples rebondissements. L'histoire n'est pas celle de l'enquête sur les origines d'Ida mais bien sur son éveil à la vie profane et la naissance de sa relation avec sa tante. Et beau surtout par sa photographie exceptionnelle. Et on peut dire que Pawlikowski nous laisse tout le temps de l'admirer : rythme lent, plans fixes, peu de dialogues. La photographie de ce film ne brille pas que par sa lumière et son contraste mais surtout par sa composition. Le choix du format 4:3 est un choix artistique fort qui permet de séparer l'image en quatre. A ce titre, beaucoup de lignes verticales et surtout horizontales viennent séparer l'espace. La plupart du temps l'objet d'intérêt ou les personnages n'occupent que la moitié inférieur (la moitié supérieur étant souvent réservée au divin, au religieux). Ce découpage crée un sentiment d'oppression malgré que ce soit souvent le ciel qui occupe le haut de l'image, comme si une chape pesait sur eux. Et Ida, personnage centrale, héroïne de ce film, elle n'occupe bien souvent qu'un quart (voire même moins : un coin) inférieur, comme s'il elle se refusait à la vie séculière. Quand par hasard elle se retrouve au centre du cadre, c'est pour en sortir immédiatement et revenir dans un coin. L'un des rares moment où elle atteint la moitié supérieur du cadre (via la voiture qui remonte la rue) c'est pour tout de suite passer à un plan où, priant dans une église, elle occupe à nouveau un coin de l'image. Il y a plein d'exemples dont je pourrais parler mais c'est un vrai plaisir que je ne veux pas vous gâcher d'admirer et d'analyser ces images.
Le seule regret que j'ai de ce film c'est que les 20 dernières minutes manquent d'intensité émotionnelle comparativement à la première heure. Cela aurait pu être rattrapé par une belle conclusion, mais je n'ai pas compris le choix du réalisateur pour cette scène finale SPOILER d'Ida filmée de face marchant vers le couvent FIN DE SPOILER avec une caméra à l'épaule très instable. Pourquoi ce choix ? Alors que tout est filmé en plan fixe ou par de lents travellings ? Ida est pourtant d'un calme olympien à ce moment là. De cet apaisement qui suit la prise d'une importante décision. Bref, regret mineur pour un très beau film.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les plus belles claques esthétiques, Les meilleurs films des années 2010, Les meilleurs films de 2014, Les meilleurs films contemplatifs et Les meilleurs films avec une héroïne
Créée
le 1 avr. 2014
Critique lue 388 fois
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le 14 févr. 2014
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