Une belle découverte que ce film. D'ailleurs, devrais-je dire, une double découverte puisque le film retrace la vie d'un compositeur tchèque (bohémien) Josef Mysliveček dont j'ignorais absolument tout.
Né en 1737 à Prague et mort en 1781 à Rome après une courte carrière de musicien essentiellement en Italie (Venise puis Naples, Bologne, Pavie etc …). Pourtant, il composa un nombre conséquent d'œuvres, connut un succès important dans les diverses cours en Italie, fut admiré par Mozart lui-même avant de tomber dans un surprenant oubli … jusqu'à ce qu'un cinéaste tchèque Petr Vàclav nous le ressuscite dans ce très beau biopic.
Le point fort du film est de partager beaucoup d'extraits d'opéras de Mysliveček mettant en scène de très belles voix. En particulier, celle de "la Gabrielli" interprétée par une actrice italienne Barbara Ronchi, doublée par la soprano slovaque Simona Saturova … Mais sans oublier le duo entre la soprano Raffaella Milanesi et le contre-tenor Philippe Jaroussky, (peut-être) extrait de l'opéra "L'olympiade".
En bonus, le DVD présente divers morceaux additionnels non retenus dans le film, pourtant splendides, assurés par les sopranos Emöke Barath, Raffaella Milanesi et, surtout, la mezzo Sophie Harmsen. Il y a aussi quelques morceaux assurés par le contre-ténor Philippe Jaroussky.
L'extrait chanté par Sophie Harmsen "non so se il mio peccato" est tout simplement sublime.
Ensuite, le film reste intéressant en donnant une vision assez réaliste de la vie et des mœurs libertins (un peu relâchés, il faut bien dire) des diverses cours princières ou royales. Entre le roi de Naples qui vient dans sa loge, déféquer et faire admirer sa production au compositeur, fortement troublé et indécis (on le serait à moins) … ou la cour de Venise où le compositeur voit sa carrière boostée, presque par hasard, par une femme suite, finalement, à un étrange quiproquo.
J'ai bien apprécié la scène de la rencontre, à Bologne, avec le jeune Mozart qui reprend et développe, à la volée, le morceau que lui jouait Mysliveček. Il semblerait que Mozart ait beaucoup admiré les œuvres de son ainé.
Faut-il voir là, la raison de l'oubli, dans lequel Mysliveček est tombé à la fin de sa vie, éclipsé par la gloire grandissante de Mozart ?
Nul doute que nos braves distributeurs ou organisateurs de concerts auront à cœur de ressortir toutes ces œuvres de l'oubli en espérant qu'elles ne soient pas perdues …