On peut dire que George Clooney est meilleur acteur que réalisateur. Ses derniers films, tous sortis également sur plateforme (The Tender Bar chez Amazon Prime, Minuit dans l’univers chez Netflix) étaient tout sauf réussis.

Son dernier film au cinéma remonte à 2017 avec Bienvenue à Suburbicon, petite comédie policière correcte avec Matt Damon. De là à dire qu’Ils étaient un seul homme est le meilleur film du réalisateur, il n’y a qu’un pas ! En tout cas, il s’agit de mon film récent de Clooney préféré, au moins depuis Les Marches du pouvoir, sorti en 2011.

Autant dire que je n’avais pas grande attente de ce cru Clooney 2024. Et pourtant je me suis laissé happer par l’intrigue et l’histoire de cette success story. Le film reste plan-plan, avec une réalisation somme toute assez convenue, sans prise de risque ; mais le déroulement de l’histoire est assez divertissant.

En termes de réalisation, Clooney utilise la bonne vieille méthode éculée du film-entier flashback. Une scène d’ouverture présence notre héros Joe Rantz en papy vieillissant, qui regarde la jeune relève s’initier à l’aviron. Retour en arrière à l’époque de la Grande Dépression et de la crise de 1936 où nous retrouvons notre Joe sans le sou, à la recherche désespérée d’un emploi. Fin du film : nous retrouvons notre Joe, de nouveau grand-père croulant, pour revivre la même scène qu’au prologue du film et ainsi boucler la boucle. Que je hais ce genre de facilités scénaristiques à trois francs six sous !

The Boys in the Boat (pour le titre original, tout aussi raté que le titre français) retrace donc l’histoire d’une équipe masculine d’aviron, celle de l’université de Washington, qui poussée par la nécessité et par une belle cohésion virile va connaître une ascension fulgurante, d’abord aux US, puis en Europe où l’équipe va finalement remporter à la surprise générale la médaille d’or aux JO de Berlin en 36. [Ce n’est pas un spoil, c’est dans le synopsis. Bon OK, si, c’est carrément un spoil].

Le film s’inspire d’un roman best-seller de l’auteur Daniel James Brown, qui s’appuie lui-même si la véritable histoire de l’équipe américaine de ces JO. Par exemple, l’un des rameurs était vraiment malade lors de la course le jour J. Et il est vrai que, excentré dans leur couloir de compétition, l’équipe aurait manqué le coup de feu de départ, ne l’entendant pas à cause du vent.

Le manque d’audace à la réalisation ne rend pas le film mauvais pour autant. Le long métrage est suffisamment rythmé pour que l’on ne s’ennuie pas, et les séquences de courses sont extrêmement bien rendues. Les acteurs font le job et sont tout à fait convaincants dans leurs rôles respectifs.

Fun fact plutôt drôle, il faut savoir que le film devait initialement être réalisé par Kenneth Branagh. Mais ce dernier, trop occupé par le tournage de sa trilogie d’Hercule Poirot, dû laisser le fauteuil de réalisateur à Clooney. Un acteur-réalisateur en remplace un autre, et l’on se prend à imaginer ce qu’aurait donné le film si Branagh était resté aux commandes. Pas sûr que le résultat eût été mieux !

Ils étaient un seul homme est donc un film de sport correct, à la réalisation soignée sans être renversante. Un long métrage un peu lisse, sans esbrouffe, sans coup de génie mais qui a la politesse de divertir son homme.

Créée

le 4 avr. 2024

Critique lue 188 fois

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D. Styx

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