Imperceptible (ou Sightless), réalisé par Cooper Karl, est un thriller psychologique plutôt efficace qui parvient à tirer le meilleur de son concept de départ malgré un budget qui semble limité. J’ai vraiment bien aimé l’histoire de cette jeune femme devenue aveugle après une agression, qui se retrouve isolée dans son appartement et commence à soupçonner que son entourage ne lui veut pas que du bien. L'un des points forts du film est sans aucun doute sa manière de représenter la cécité à l'écran : le réalisateur joue sur les couleurs et les changements de décors pour nous faire ressentir la perception changeante et incertaine de l'héroïne, ce qui installe un suspense constant et une atmosphère assez immersive. On se prend facilement au jeu des devinettes, cherchant à démêler le vrai du faux en même temps que le personnage principal, et la tension monte de façon régulière jusqu'au dénouement. Les interprétations sont globalement convaincantes, offrant une vulnérabilité qui rend le récit touchant par moments. Cependant, le film n'échappe pas à quelques défauts narratifs, avec certains rebondissements qui demandent une certaine dose d'indulgence tant ils frôlent l'improbabilité sur la fin. Si l'intrigue est captivante, elle aurait gagné à être un peu plus étoffée dans sa conclusion pour éviter une sensation de précipitation. La mise en scène, bien que maligne, reste parfois un peu trop proche d'un format téléfilm de luxe, manquant d'un souffle cinématographique plus large. Malgré ces petites faiblesses d'écriture et un rythme qui s'emballe un peu trop brusquement sur le dernier acte, l'ensemble reste une proposition solide et divertissante. C’est un film qui réussit à maintenir l'intérêt grâce à son idée originale et à une exécution sincère qui plaira sans aucun doute aux amateurs de thrillers intimistes à huis clos. Une bonne surprise en somme, qui prouve qu'avec une idée simple mais bien exploitée, on peut passer un très bon moment de cinéma devant son écran.