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Une bonne actrice ne fait pas un bon film.
La principale faiblesse d'"In the Fade", c'est son écriture. Clichés, facilités scénaristiques, linéarité, métaphore putassière, toute la panoplie de l'absence de finesse s'y retrouve.
Découpé en trois parties, le film progresse vers une inexorable absence d'intérêt. Comme toujours, la mise en scène de l'attentat ne sert qu'à disséminer tout ce qui est susceptible de jeter du discrédit sur le personnage principal : drogue, tatouages, mariage en prison, isolement familial... Si avec tout cela vous n'avez pas compris le message...
Comme toujours, ces éléments de discrédit sont utilisés à son encontre pour mettre en scène un procès couru d'avance, utile uniquement pour tuer une seconde fois les victimes et provoquer le sentiment d'injustice du spectateur. Surnagent les envolées lyriques des avocats ainsi qu'une certaine et plaisante authenticité judiciaire. On se demande en revanche pourquoi avoir mis 2 avocats pour défendre les incriminés si c'est pour en laisser un dans un total et profond mutisme.
A cette absence de finesse, s'ajoute encore une lourdeur, quasi nanardesque pour un film d'auteur : la belle famille qui conspue la pauvre femme aimante et esseulée le jour de l'enterrement de son mari et de son fils, celle la même qui pense trouver le soulagement dans la purification par le sang en s'ouvrant les veines en sous-vêtements dans son bain. L'avortement de la tentative de suicide par un deus ex machina aussi téléphonique que téléphoné. De quoi faire jubiler un Ken Loach des grands jours.
Le scénario mal écrit des deux premiers actes mue en un écrit problématique de part son message dans le troisième acte. Après avoir trouvé le moyen d'ajouter une couche d'ignominie sur le couple nazi, s'exprimant ouvertement sur leur intention d'épurer la "pute des turques", vient le temps de la vengeance, justifiée par l'impuissance des autres voies de recours. Exit l'appel judiciaire, vive la loi du Tallion.
Le spectateur se voit donc proposer la solution de l'attentat suicide, mis en scène dans une explosion numérique aussi laide que le mouvement de caméra qui l'accompagne. "You were never really here" avait le mérite d'assumer son totalitarisme réactionnaire en questionnant sur l'avenir d'une telle solution. "In the fade" s'arrête net, sur une métaphore aquatique totalement hors de propos.
Heureux de voir du cinéma allemand distribué à grande échelle, encore plus quand le sujet initial se targue d'une auto-critique historico-sociale du pays. Dommage qu"'In the fade" passe totalement à côté de son écriture. Il n'en reste qu'une actrice impliquée et convaincante, quelques idées de mise en scène pertinentes (notamment la scène du ruissellement de la pluie sur le visage de Kurger, assimilant la tristesse à la vascularisation émotionnelle), noyés dans un film sans nuance et gavé de placements de produits...
Créée
le 21 janv. 2018
Critique lue 315 fois
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