7
le 16 janv. 2018
SuivreLe deuil impossible
Katja et Nuri se sont unis dans un lieu censé les séparer : la prison. Cet amusant paradoxe prend un sens bien plus tragique quand une bombe explose dans une rue passante, emportant avec elle Nuri et...
Un portrait de femme, celui de Katja qui après avoir perdu son fils et son mari dans un attentat à Hambourg, décidera et difficilement, de se venger.
Diane Kruger offre une performance abrupte de cette femme dévastée. Comment survivre à un tel drame. Entre haine et abandon, toutes ses émotions saisies par une caméra au plus près, ses longs moments d’absence, ses réflexions inabouties, d’allers-retours et d’immobilité, dans une situation ingérable pour nous signifier l’après, sont intenses et inquiétantes.
Ambiance dépressive et joutes verbales, pour un procés brossant une justice engluée dans ses protocoles laissant la porte ouverte à la vengeance potentielle, qui trace subtilement le malaise à se retrouver face à ses bourreaux.
Un final qui reste étonnant par le choix et par la simplicité de mise en œuvre, sans concession, certes convenu, mais perçu comme dérangeant. Un acte violent et isolé, acte qui sera d’ailleurs on l’imagine, vite oublié, sans que la justice ne puisse y puiser matière à réflexion, transférant certainement la responsabilité entière à Katja, le rabaissant à un seul acte sans nuance.
Final peu apprécié parait-il.
Il s’inscrit pourtant dans le genre vengeance dont nous avons régulièrement droit en sorties cinéma.
Alors est-ce peut-être le fait que le réalisateur se serve des attentats commis par le NSU entre 2000/2006 qui nous ferait regarder ce film non comme divertissement mais comme un constat qui se devrait d’être plus réflexif ? D’interroger la justice ou la suite des événements, de ce que cet acte pourrait impliquer de politique par exemple ? De nous décrire les terroristes et leur adoration à Hitler ? de nous interroger sur l’existence aujourd’hui de tels gropuscules ?
Mais on le sait déjà, ces actes se répètent inlassablement dans l’indignation de certains mais aussi dans la plus grande indifférence et interrogent ici, sur les décisions extrêmes que l’on pourrait prendre si nous y étions confrontés. On peut alors regretter cette absence réflexive, notamment sur le contexte sociétal. Car la caractérisation de la famille par exemple, pointe le laisser-faire par l'égoïsme et les incompréhensions multiples, et confortera l’abîme de la solitude dans lequel Katja plonge inexorablement.
Ainsi, le dysfonctionnement de la police qui de prime abord pensera à un règlement de comptes entre dealers, pour le racisme ordinaire…
On suivra donc et seulement, le cheminement de Katja et celui-ci est particulièrement réussi. Aucune démonstration excessive dans son personnage. Aucune glorification de ses actes. Il est bien trop hasardeux de se permettre un jugement.
Une femme blanche et allemande pour lutter contre un groupuscule nazi, le cinéaste ne fait pourtant pas dans la provocation. C’est bien plus fin qu’il n’y paraît, en nous impliquant dans son propos de bien meilleure façon que si il avait choisi une actrice étrangère, qui aurait de fait, confortée la distance.
Fatih Akin opte par ce que l’on attend pas. Glaciale et sèche, la mise en scène est dense, efficace et révèle aussi de beaux instants plus calmes sur un ensemble alliant tension et émotion exacerbées. Une utilisation de sa caméra sans effet accessoire, appuie le malaise et certainement ce sentiment mitigé entre réussite et manque de finesse et de fluidité à lier les trois étapes du film. Mais son final n’est-il pas la seule réponse dramatique au constat de notre société.
Situation tristement banale, finalement.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.
Créée
le 29 avr. 2018
Critique lue 1.3K fois
7
le 16 janv. 2018
SuivreKatja et Nuri se sont unis dans un lieu censé les séparer : la prison. Cet amusant paradoxe prend un sens bien plus tragique quand une bombe explose dans une rue passante, emportant avec elle Nuri et...
8
le 17 janv. 2018
SuivreIn the Fade raconte une histoire plutôt simple. Avec un sujet qui suscite des réactions personnelles des spectateurs, un peu plus en tous cas que dans des films dits de divertissement. Il peut...
4
le 16 janv. 2018
SuivreUn bon film peut être dégueulasse, comme le montre In the fade qui enchaîne, tel un Hercule de l'obscénité, les indécences les unes après les autres. Deux exemples : Il y a d’abord des effets...
7
le 8 déc. 2017
SuivreUne série allemande qui rejoint dans son ambiance celles des pays nordiques tant dans sa manière de lier le fantastique au thriller que des décors, mettant bien souvent la nature comme élément...
8
le 22 août 2021
SuivreThe Green Knight c'est déjà pour Dev Patel l'occasion de prouver son talent pour un rôle tout en nuance à nous faire ressentir ses états d'âmes et ses doutes quant à sa destinée, ne sachant pas très...
8
le 17 oct. 2016
SuivreOn se questionne tous sur la meilleure façon de vivre en prenant conscience des travers de la société. et de ce qu'elle a de fallacieux par une normalisation des comportements. C'est sur ce thème que...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème