Adapté de la pièce éponyme de Wajdi Mouawad, Incendies est une œuvre souvent oubliée dans la filmographie de Denis Villeneuve depuis son explosion récente auprès du grand-public. C'est pourtant certainement son film le mieux écrit et le plus touchant.
A la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon se voient remettre deux enveloppes : l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l'autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Le film mêle leur quête de réponses à des flashbacks de la vie de leur mère.
Quelques années après mon premier visionnage, Incendies tape toujours aussi fort. Il m'a serré le ventre et noué la gorge à de multiples reprises, entre scènes d'une tension extrêmes, révélations glaçantes, mais surtout avec sa propension à aspirer toute joie de vivre dans un rayon de 30 bornes.
Bien qu'attiré initialement par la signature de Villeneuve, le sujet m'intéressait beaucoup moins que la plupart de ses autres longs métrages (Sicario, Dune et Arrival en tête) et cela reste ce qui me le rend un peu plus difficile à recommander auprès de mon entourage. "Mais oui, tu vas voir, c'est un drame psychologique sur fond de conflit entre Chrétiens et Musulmans au Liban, c'est trop bien" est un peu plus difficile à vendre que "C'est la suite de Blade Runner".
Comme d'habitude, c'est filmé à la perfection, avec une direction photo à tomber, et la narration reste étonnamment limpide malgré l'enchevêtrement de plusieurs trames à des époques différentes, entrecoupé de longues ellipses. Évitez quand même de le voir si vous avez un petit coup de mou et que le moral n'est pas bon, car le film est dur, gris et sans espoir, mais c'est ce qui en fait la force.