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Infection
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le 20 sept. 2013
Support: 4K Bluray UltraHD
Depuis la découverte d’Inception en salle, une séance qui s’est soldée par un rire général face à la facétieuse toupie puis d’une standing ovation, je revois le film une fois tous les trois-quatre ans. Et à chaque nouveau visionnage, ce sont de nouveaux détails qui me sautent au visage, de nouveaux embranchements interprétatifs qui s’ouvrent à moi.
Car le spy thriller sci-fi de Nolan est un film aussi méticuleux dans ce qu’il dissémine par l’image et le dialogue, que généreux en couches analytiques. Au-delà de la simple théorisation du rêve de Cobb, pointée par certaines répliques y faisant allusion mais balayées d’un revers métaphorique par tel ou tel personnage, c’est la construction même du récit qui ouvre ces nouvelles portes oniriques. J’ai par exemple constater ce visionnage-ci une forte juxtaposition de l’exposition du fonctionnement des rêves avec une scène qui met en exergue la dissonance du protagoniste avec le réel.
Ainsi, alors que Cobb explique à Ariadne (celle au bout du fil) qu’elle va devoir créer des labyrinthes qui bouclent pour piéger le rêveur dans une structure contrôlée, le voilà à Mombasa qui cherche à semer les hommes qui le suivent tout en proposant à Eames de se retrouver à l’exact même endroit trente minutes plus tard. On boucle, en passant par des ruelles interchangeables qui ne peuvent que le faire revenir au point de départ après un goulot d’étranglement qui le pousse dans une voiture balais. C’est flagrant, et pourtant mes séances d’avant n’avaient jamais relevé ce niveau de perches tendues au spectateur.
J’ai aussi pu noter la prépondérance de l’eau, présente en ouverture comme elle le sera pour Oppenheimer, et agissant comme une représentation du subconscient qui va éroder et avaler les débris de pensée conscient qui subsistent tant bien que mal dans les limbes, ces buildings qui s’effondrent dans la mer tels des icebergs. De même que si toute la partie se déroulant dans la neige semble évidemment être un rappel direct au James Bond que Nolan adore, On Her Majesty's Secret Service (une licence sur laquelle il a longtemps voulu travailler), c’est aussi la mise en évidence d’une eau solide, cristallisation du subconscient dans cette troisième strate des rêves, ultime frontière avant l’abandon de la raison.
Tout cela pour dire que, Inception, c’est toujours aussi plaisant à regarder. Entre sa richesse thématique, sa maestria visuelle qui n’a pas bougé d’un iota grâce à la palanquée d’effets practicals, et sa capacité à renouveler la réflexion qu’il suscite à chaque nouvelle incursion, il y aura sûrement de quoi ajouter un addendum à ce texte dans trois-quatre ans.
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Créée
le 12 mai 2026
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