Le sort des supplétifs français ayant servi sous le drapeau tricolore pendant la seconde guerre mondiale, un sujet des plus intéressants tant historiquement que politiquement, et un film à grand potentiel... Gâché.
En effet, Bouchareb, qui tenait là un sujet en or massif, le démoli sur presque tous les plans pendant deux heures et huit minutes. Non content de nous servir une bande son des plus fatigantes mais en effet adaptée au ton général du film, Indigènes nous impose un Jamel Debbouze qui n'a manifestement rien à faire là, si ce n'est rameuter du monde en salle, ainsi qu'une équipe d'acteurs qui, lorsqu'ils sont convaincants, sont happés par un scénario des plus idyllique, presque dénué de fondement historique.
Tentative ratée de remake français de l'excellent "Saving Private Ryan" (sur le plan technique et scénaristique, malgré une situation irréaliste), Indigènes, outre des scènes d'actions ratées (dont la dernière, que l'on qualifiera poliment d'hommage appuyé -mais sans les moyens- à la fin du film précédemment cité), nous traîne dans une longue repentance sans relief, omettant de nombreux détails ayant pourtant leur importance (l'on citera notamment la proportion de tués européens dans les forces françaises libres, les protestations de militaires devant l'inégalité des pensions).
En bref ce film, historiquement inexact, mal filmé et avec un casting plus publicitaire d'artistique, connaîtra la sort de l'immense majorité de ces films dits, à message : l'oubli.