En 2024 j’ai entamé une collection de blurays, ce qui eu plusieurs conséquences positives sur ma cinéphilie, l’une d’entre elle étant que j’ai sélectionné avec plus de soin les films que je me procure, du fait du prix de la galette, et que du coup, contrairement à mes habitudes passées, j’ai un peu laissé de côté tout ce pan de cinéma bis souvent douteux. Mais parfois, il est bon de délaisser les nombreuses œuvres estimables qui peuplent mon étagère pour se refaire un shot de médiocrité susceptible de cacher quelques idées louables, et permettant une bonne dose de relativisme par rapport à la qualité de ce que je regarde. C’est donc dans cette optique que j’ai lancé Influencer, énième production de la plateforme Shudder basée sur un concept frais mais inabouti. Plateforme qui est par ailleurs à encenser pour sa ligne éditoriale, aussi inégale soit-elle. Au moins elle tente des choses, contrairement à d’autres.
Ici, il est question d'égéries Tik Tok et Instagram en Thaïlande se faisant dézinguer par une sorte de vigilante moralisatrice en bikini, plutôt bien campée par l’inconnue Cassandra Naud, aussi lessivée que le spectateur par cette débauche de superficialité capitaliste et abusive de la jeunesse, symptomatique d’une société à la dérive. On s’attache plutôt bien à cette psychopathe à la ligne directrice accrocheuse, et on profite des jolis décors naturels du pays, mais c’est à peu près tout. Le scénario est en réalité convenu, et tout le propos est saboté par un cruel manque d’ambition subversive, la morale étant finalement sauvée lors de la conclusion.
Influencer est un produit standardisé qui ne va pas assez loin pour effacer sa mollesse formelle, s’enlisant dans une esthétique de spot publicitaire glacé à la bienséance. Dommage.