Pas de révolution de style avec cet "Inland Empire" : on est dans la droite continuité de " Mulholland Drive" et de ses prédécesseurs, que ce soit par l’histoire, l'ambiance dégagée ou bien encore le choix des interprètes. Néanmoins ce dernier Lynch se veut pousser le bouchon encore plus loin dans le principe du film-expérience, se laissant ainsi littéralement aller dans un imbroglio incompréhensible à la limite du soutenable. On pourrait même parler de démarche jusque-boutiste tant la deuxième partie du film s’étend longuement dans cet esprit décalé d’accumulation et de juxtaposition de scènes irréelles et pleinement éprouvantes. Certes, il y a toujours ce semblant de logique cachée que Lynch sait introduire dans chacun de ses films, cette cohérence qui, à défaut de se trouver dans l’intrigue se retrouve dans le senti. Mais Lynch n’en a-t-il pas trop fait cette fois-ci ? Etait-il vraiment nécessaire de faire cette expérience aussi longue pour qu’elle soit efficace ? En somme, ce nouveau Lynch ne nous déçoit pas par sa force empirique et sa recherche sans cesse plus poussée de la quintessence même du cinéma, mais reste à savoir si vous vous sentez prêts à souffrir trois heures pour en profiter…