Ennui. Paresse. Fioritures. Dommage. Voilà les mots qui me viennent à l'esprit lorsque je pense à Inland Empire. Là où Mulholland Drive parvient à captiver malgré son scénario alambiqué, Inland Empire parvient juste à endormir. Pourtant, le film commence plutôt bien, avec l'habituel personnage possédé qui vient mettre à mal le monde d'un autre personnage respectablement installé dans la société.
Mais après, Lynch, que t'arrive-t-il ? On comprend bien la mince frontière entre réalité et tournage, d'ailleurs la mise en abyme est un procédé intéressant en soi. Par contre, au bout d'une heure, on ne comprend plus rien, et cela dure deux heures de plus. Habituellement, j'accepte le côté incompréhensible des films de Lynch car le lien entre mise en scène et scénario, bien que ténu, est toujours rappelé d'une manière ou d'une autre. Néanmoins, j'ai le sentiment qu'ici, le montage ne sert qu'à exprimer une tendance à vouloir faire du "on-comprend-rien-et-c'est-pour-ça-que-c'est-intéressant", sauf que ça fonctionne pas. C'est hypnotique, mais ce genre d'hypnose qui te plonge dans un sommeil profond.
Blue Velvet ou Lost Highway étaient dérangeants et captivants car ils mêlaient intelligemment le rêve et la réalité dans une danse dont on parvenait à suivre les pas. Inland Empire se perd, est foutraque, et ce malgré les belles performances des acteurs. Espérons que, si prochain il y a, celui-ci ne soit pas encore pire, car on passe doucement mais sûrement du génie au grand guignol.