Parfois, je me dis que je réfléchis trop. Que mon esprit est trop tordu, que je cherche trop compliqué, que j'aimerais bien mettre mon cerveau sur pause de temps en temps.
Et bien alors que le générique de fin d'Inland Empire défile devant mes yeux, je me dis que j'ai encore de la marge...
J'avais le choix en milieu d'après midi. Mullholand Drive ou Inland Empire. N'ayant vu de Lynch que Twin Peaks et Une Histoire Vraie, j'ai choisis au hasard, plus préoccupée par mon envie de découvrir ce réalisateur que par l'histoire sur la jaquette du DVD.
Et de fait, je me dis que j'aurai probablement dû choisir l'autre film, puisque visiblement, Inland Empire semble être un condensé de tout ce que Lynch sait faire dans le surréalisme et l'exploration de la psychose.
Ce à quoi je n'étais pas préparée.
Ce matin, les rideaux rouges, le singe, l'esprit disjoncté de Twin Peaks (le film), les psychoses de Laura et de son père m'avaient déjà mise un peu dans l'ambiance, mais là on monte plusieurs crans au dessus. Trop de crans pour moi.
Lynch parvient à créer une ambiance malsaine et angoissante dès les premières minutes de son film.
Les gros plans à ne plus savoir qu'en faire, la caméra gigotante, le grain de l'image, le nombre incalculable de scène insoutenable du simple fait de l'absence de musique, les coupures nettes et changements de scènes brutaux... Tout y est pour plonger le spectateur dans le malaise.
Visuellement parlant, peu de surprise. Une belle mise en scène, un joli jeu de couleur, des décors parfaits, rien à redire là dessus.
Pour ce qui est de la musique, qui arrive petit à petit (lentement mais surement) à se faire une place dans le film, là non plus, rien à redire. chaque note est juste et bien adaptée aux scènes et aux ambiances.
J'attribuerai également une mention spéciale pour le jeu de Laura Dern, absolument merveilleuse dans ce rôle multiple. Moi qui étais resté sur Jurassic Park, me voilà ravie de la découvrir sous un autre angle (et quel(s) angle(s) !).
Cependant, je crois que mon prochain Laura Dern sera plutôt Jurassic Park.
Car si l'ambiance, l'émotion (certes, le film m'a plongé dans un certain malaise, mais pour moi un film doit provoquer quelque chose en moi pour remplir ses engagements) et le côté artistique sont au niveau, le scénario en lui même et la longueur du film (longueur quasi obligatoire ceci dit, pour un tel film) ont eut raison de moi.
Je l'avoue, moi qui n'aime pas regarder un film en plusieurs parties, j'ai été obligée de faire une pause au bout de deux heures. Il me fallais bien deux épisodes de NY unité spéciale (rien de mieux à la tv mais raffraichissant pour le coup) avant de pouvoir m'y remettre.
On peut trouver une multitude d'explications et de réflexion sur ce film et c'est probablement l'une des choses qui en fait sa richesses, mais il m'a laissé un goût de trop c'est trop. Trop de dédoublement, trop de zapping, trop de défragmentation pour moi.
Peut être changerai je d'avis en le revoyant une fois avoir creusé davantage l'oeuvre de Lynch (je ne me laisserai pas abattre si facilement ! Lol), mais pour le moment ce film perd deux étoiles pour m'avoir totalement largué en cours de route...