7
le 11 juin 2017
SuivreEmpire likes back
Aborder l’Empire intérieur exige du spectateur de nombreuses qualités, et poussées à un extrême auquel il n’est pas coutumier : patience, endurance, lâcher prise, tolérance, voire indulgence seront...
Régulièrement, j'aime à revoir ce film, j'aime la première heure, vraiment, je la connais presque peur* et chaque fois, je le regarde avec le même plaisir, la même terreur, la même incompréhension, la même admiration. Régulièrement, quand il est très tôt le matin et que je ne suis pas encore couché, régulièrement quand il y a quelqu'un avec moi et qu'on ne sait pas quoi regarder, mon regard se porte sur Inland Empire.
Ce film est beau, indéniablement, même sa laideur est mise en scène avec quelque chose de grandiose. Les corps aux visages floutés, les rires enregistrés de la sitcom des lapins, les gros plans affreux sur les visages de la sorcière-voisine, les figures qui semblent se décomposer de vert, de gris, de policier, spécialement sale, et de la fille au tournevis, ou même l'interview ! Je regarde ce film sans un mouvement que mon tremblement, en état de choc.
Régulièrement, je m'endors pendant la deuxième partie, qui devient le métronome de mon demi-sommeil. Je suis réveillé par les cris, les lumières, et il y a ces chansons presque pop ou la voix de Lynch qui chante - et j'aime Lynch quand il chante - What love does ? Et cet univers de cauchemars me berce, doucement, tendrement.
Je ne regarde jamais la troisième partie, à force, je crois même que je l'ai oubliée. Mais ce n'est pas vraiment important. Je ne me passionne pas pour l'analyse de l'histoire. J'aime l'esthétique, j'aime l'ambiance, et je n'ai pas vraiment d'idées à développer. Oh, et j'aime terriblement Laura Dern et le beau gosse tellement rebelle, et la mère de Laura Palmer ! Et ces deux anglais qui viennent tourner le film.
Je me demande parfois, même si j'y pense à chaque fois, à quel point la drogue influence la perception de Lynch. On s'dit souvent, c'est un film de toxico quand c'est bizarre, mais souvent, ça ne l'est pas vraiment, ça ne ressemble pas vraiment, alors qu'ici, c'est terrible de ressemblance : ces points de vue internes sur les mains tendues, mouvantes, ces déformations permanentes des visages, de leurs couleurs, ces effets de lumières, ces sons qui se glissent, la réapparition des détails, allez savoir à quel point mon cerveau essaye juste de faire les liens, tout ce dernier passage est peut être à supprimer.
Quoi qu'il en soit, il y a ce visage, qui revient, cette jeune fille, si belle, qui pleure devant sa télé, allumée, éteinte, ne reflétant que son visage magnifique d'où coulent quelques larmes grandioses, les plus belles ; chaque fois que je revois ces images, je le sais, et un frisson me parcourt tout entier.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les films pour s'endormir !, Top 7 personnage : Les gens déguisés en lapin !, Top 7 c'est beau une fille qui pleure !, Top 7 pour que Sunseless ait envie de se droguer ! et Les meilleurs films d'horreur
Créée
le 19 juin 2012
Modifiée
le 31 juil. 2012
Critique lue 5.8K fois
7
le 11 juin 2017
SuivreAborder l’Empire intérieur exige du spectateur de nombreuses qualités, et poussées à un extrême auquel il n’est pas coutumier : patience, endurance, lâcher prise, tolérance, voire indulgence seront...
10
le 3 août 2014
SuivreInland Empire, représente l’apogée du travail de Lynch, d’un point de vue de la réflexion de l’âme, de la description du jeu permanent entre le réel et le subconscient, et bien d’autres thématiques...
10
le 18 mai 2015
SuivreJ'ai donc vu Inland Empire hier, et je n'ai immédiatement pas pu en parler. Signe que quelque chose s'est passé. Le jour d'après, c'est difficile de dire quelque chose de construit à propos du film...
10
le 30 mars 2011
SuivreFrancis qui veut pas travailler ! La peluche bleue qui parle à Dewey, et Reese pom-pom-boy ! Les microbes qui veulent entrer dans ses yeux ! Les objets s'évanouissent à proximité de Al ! Les nouveaux...
10
le 19 nov. 2010
Suivrele 29 juil. 2012
Il faut, une fois pour toute, que je justifie ce dix, ce coeur, et cette place un peu malhonnête en tête de mon top film. En effet, ce film n'a pas les épaules (encore que c'est plus des jambes qu'il...
10
le 25 déc. 2012
SuivreJ'ai beau n'avoir jamais été déçu par Kurosawa, je suis toujours réticent à en regarder un : il y a des réalisateurs comme ça qui m'intimident, j'ai toujours peur de me retrouver dans un film...