Innocent Blood est sans doute l’un des films les plus atypiques de John Landis, coincé entre le polar urbain, la comédie noire et le film de vampires. Sur le papier, le mélange a de quoi intriguer : une vampire “morale” qui ne se nourrit que de criminels croise la route de la mafia italo-américaine. À l’écran, le résultat est aussi curieux que bancal.
Landis s’amuse clairement avec les codes du film de gangsters, multipliant les personnages secondaires clichés et les situations absurdes. Certaines scènes, notamment celles impliquant la transformation vampirique des mafieux, sont réjouissantes et témoignent d’un vrai sens du burlesque macabre. Le film assume un ton décalé, parfois proche du cartoon, qui peut séduire par son audace.
Mais Innocent Blood peine à trouver un équilibre durable. Le rythme est inégal, l’intrigue s’étire inutilement et l’humour ne fait pas toujours mouche. Le personnage principal, pourtant prometteur, manque de profondeur émotionnelle, tandis que le film hésite constamment entre la satire et le récit fantastique sérieux, sans jamais vraiment trancher.
Reste un objet étrange, presque attachant dans ses maladresses, porté par une atmosphère nocturne efficace et quelques éclats de mise en scène typiques de Landis. Innocent Blood n’est ni un classique du film de vampires ni un grand polar, mais un film hybride, sympathique et imparfait, qui plaira surtout aux amateurs de curiosités cinéphiles et aux fans du réalisateur.