C'est après avoir vu la rétrospective des films des frères Coen sur Arte que je suis allé voir allègrement "Inside Llewyn Davis" leur dernier film en date succédant à "True Grit".
C’est l’histoire d’un musicien, Llewyn Davis, chanteur de Folk qui essaye de vivre de son art à Greenwich Village en 1961. Malheureusement la vie d’artiste n’est pas tous les jours facile, sans domicile fixe, Llewyn erre à travers la ville et le pays à la recherche du succès. Accompagné d’un chat dont le prénom n’est révélé que vers la fin du film, il enchaîne de nombreuses péripéties qui l’amèneront à rencontrer différents personnages. Comme dans la plupart des films des frères Coen, l’humour pathétique est très présent, chaque dialogue avec chacun des personnages provoque toujours le rire, que ça soit avec sa petite amie qui le traite de « looser » ou la maîtresse du chat qui par ses réactions est ridicule. Oui car malgré son immense talent Llewyn est vraiment un raté, il accumule les erreurs bêtes et a clairement la poisse.
Mais on a beau se moquer de Llewyn Davis, malgré tout c’est un personnage extrêmement attachant et touchant. Comment ne pas être en empathie avec ce personnage ? Tout simplement car c’est un être humain comme les autres avec ses défauts et ses qualités. Il cherche son destin, son chez-soi, lui-même. Il est perdu dans un monde qui ne le comprend pas, comme le chat qui lui donnera du fil à retordre tout au long du film. En somme ce félin apparaît donc comme son double animal : perdu, sans foyer et blessé quand Llewyn le sera au plus profond de lui-même. Tel Ulysse dans l’Odyssée d’Homère ce personnage touchant voguera au gré des courants pour essayer de (re)trouver son foyer.
Les frères Coen signent donc un film magnifique dont La photographie, la mise en scène et évidemment la bande son Folk sont impeccables et soignées (couleurs froides et dé-saturées pour l’hiver et de très belles perspectives). Oscar Isaac est juste incroyable et interprète de manière extrêmement juste le personnage principal (particulièrement les scènes où il chante qui furent une vraie claque pour moi). Selon mon avis il n’y a pas particulièrement de défauts à reprocher au film à part l’aspect redondant de la poisse que rencontre Llewyn et même si on reste un peu sur sa « fin » cela s’inscrit dans un cycle qui pourra peut-être être rompu.