Inside Llewyn Davis m'a fait étrangement penser à A Serious Man, film des mêmes réalisateurs sorti il n'y a pas si longtemps que cela (avant True Grit, qui lui-même précède ILD), et très injustement boudé par les spectateurs (mais pas par la critique).
En effet, le film jongle avec les thématiques de la loose, et du talent gâché par un manque de chance hallucinant, ainsi qu'une réalité on ne peut plus cruelle. Exactement comme pour A Serious Man donc. On retrouve même une structure similaire, puisque (pseudo-spoiler) le film ne démarre ni ne finit vraiment. C'est en gros une tranche de vie centrée sur le personnage principal.
Bon, après avoir dit cela, on pourrait croire que le film a subi le même sort que son illustre prédécesseur, mais apparemment, il a été encensé à la fois par la presse et par le public. Pourquoi donc ? Peut-être parce que les autres thématiques du film, à savoir la musique et le mini-road-trip, sont bien plus accessibles que les problématiques religieuses de la communauté juive (qui je pense ont du laisser pas mal de monde sur le côté pour A Serious Man, alors même qu'il y avait beaucoup de matière à réflexion dedans).
Plus accessible donc ce ILD, mais aussi peut-être un chouïa moins profond. Alors certes, les personnages sont travaillés, l'humour est toujours là en filigrane, la mise en scène d'excellent aloi, etc. etc. Mais (un petit mais hein), il souffre très légèrement de la comparaison avec A Serious Man. C'est un poil dommage donc, puisqu'à part cette impression de redite, c'est quand même un sans faute.
L'un des meilleurs films de l'année à n'en point douter donc. L'un des meilleurs Coen également, mais qui n'atteint pas, à mon sens, le sommet d'A Serious Man.
Bonus (attention spoiler) : j'ai adoré le(s) chat(s) roux, et la présence implicite (et référencée pour ceux qui connaissent l'anecdote) de Bob Dylan en fin de film.