Au matin du 9 avril 1940, l'armée danoise est en alerte maximale, son voisin Allemand se presse à sa frontière. Le réalisateur danois Rony Ezra filme à l'économie avec une grande justesse, l'entrée dans le conflit du petit royaume du nord face à l'invincible wehrmacht. Le réalisateur oriente son récit vers un angle psychologique en posant sa caméra sur un petit groupe de jeunes soldats abasourdis par la violation de frontière, synonyme de déclaration de guerre. Ces hommes d'à peine 18 ans tout juste entraînés, munis de bicyclettes pour se déplacer, vont devoir livrer un combat inégal face à la plus puissante armée du monde. Sous le commandement du courageux et sage lieutenant Sand (Pilou Asbæk), un bataillon de cette jeune armée danoise, tel David, livrera un combat perdu d'avance face à Goliath. Nul besoin d'effets pyrotechniques démesurés ou d'images sanglantes pour sentir l'angoisse de ces jeunes recrues. Le parti pris du réalisateur est de suggérer les choses, l'armée allemande reste quasi invisible une bonne partie du film, seules des rumeurs dans le lointain et des bruits de moteurs suffisent pour entretenir la peur. «Invasion Day» traite avec sincérité et sans artifices hollywoodiens (ce qui peut lui être reproché par certains) d'une page méconnue de la Seconde Guerre Mondiale.