Irati
6.1
Irati

Film de Paul Urkijo Alijo (2023)

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Girl power mythologique en pays basque

Irati est typiquement ce que je considère comme un bon film de festival. Si vous êtes dans une salle bondée, que le réalisateur est venu mettre le feu, et que vous avez vu 3 films médiocres ce jour-là, il sera une telle bouffée d'air frais que vous risquez de l'apprécier un peu plus qu'il ne le mérite.


En plus de ça, sur la base de la bande-annonce, je m'étais préparé psychologiquement à m'assoupir devant un film indé onirique chiant avec trois pélos en côte de mailles, des forêts embrumées et de furtives apparitions surnaturelles pas assumé, ou des scènes de tension insoutenables où la caméra film un arbre mort en gros plan comme l'allégorie de sombres présages. Huh...


Eh bé pas du tout. Irati est un film très direct qui ne cherchera pas à vous enfumer avec des métaphores foireuses, c'est du médiéval fantastique pur jus et sans retenue, avec de la magie et des monstres. Et franchement, ce genre est à la fois dramatiquement sous-représenté et enclin à engendrer les plus sombres purges, donc quand je tombe sur un film de fantasy regardable, je ne vais pas bouder mon plaisir.


Irati est absolument regardable. Au point de le conseiller ? Ça dépend de votre affinité avec le genre. Si vous voulez voir de la fantasy, il est quasi certain qu'il n'y aura rien de mieux cette année, voir cette décennie. Sinon, passez votre chemin, il y a beaucoup mieux à voir.


Bien rythmé et correctement réalisé, le film n'est malheureusement pas très mémorable, la faute à une histoire archi bateau avec un prince qui revient au pays et se heurte à diverses malédictions et trahisons. Les personnages manquent de profondeur et n'ont aucun arc de développement, les dialogues sont parfois embarrassants, mais le projet est original et respire la sincérité.


Et puis vous en connaissez d'autres, des films de fantasy en pays basque avec de jolis décors pyrénéens et tout un folklore de créatures liées aux traditions locales ? Malgré ses évidentes faiblesses, ça reste un long épisode de The Witcher, un peu moins mal écrit. Et c'est déjà bon à prendre.

Ezhaac
7
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le 10 févr. 2023

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Ezhaac

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