"Un mélange entre 2001 : L'Odyssée de L'Espace et Alive des Daft Punk". Tel était la parfaite conclusion par ma fidèle amie en sortant de cette séance à priori unique (on en reparlera dans 6 mois) de Iris: A Space Opera by Justice.
"Ceci n'est pas un concert"
Iris n'est ni un film, ni un concert, mais plus une expérience sensorielle, prenant aux tripes, mettant à bien notre sensibilité face au jeu de lumières stroboscopiques, pour ne pas dire hypnotiques, et à la musique dansante de Justice. Le concept est simple, pas de public, filmé dans une grande pièce au sol noir réfléchissant (imaginez Under The Skin mais avec des dalles apparentes). La caméra filme, le temps d'une heure, le Woman Worldwide à la note près mais avec des angles de caméra magnifiques. Les travellings se veulent lents, comme si le spectateur était immergé dans le concert, marchant aux côtés de Gaspar et Xavier dans leur sorte de vaisseau musical. Tantôt, elle se fond dans un décor spatial fait à l'ordinateur, histoire de souffler un peu. Parfois, elle préfère montrer la relation entre l'homme et ses machines, les chaînes retenant l'impressionnant light show, la croix devenue symbole lointain, Gaspar composant quelques rares notes. Si vous êtes fan assidus du duo français, il n'y a, musicalement parlant, aucune nouveauté, vous serez peut être même frustrés de ne pas retrouver le sublime rappel sur Stop, originalement joué loin de la scène. N'en attendez donc pas un live, car la seule réelle nouveauté se situe dans l'utilisation de la caméra.
Au final, cet Iris nous immerge dans un concert planant, à la musique si dansante qu'il semblait bien difficile de se retenir de taper du pied au cinéma, n'ayant que pour seul véritable concurrent le Live At Pompeii des Pink Floyd. Il est, en quelque sortes, l’apothéose de cette tournée, déjà marquée par un incroyable show à l'Accor Hotels Arena. Je terminerai tout de même sur le point qui fâche, mettre le making-of de 20 minutes avant le film m'a semblé être une mauvaise idée. Sorte de grosse bande annonce, il dévoilait finalement les clés de cette heure qui allait suivre et c'est bien dommage de nous teaser de la sorte. Le garder en bonus de Blu-Ray, Youtube, ou juste le placer à la fin pour ceux désirant comprendre comment le projet a vu le jour aurait été plus judicieux.