Hubert à 16 ans. Xavier Dolan en a 17 lorsqu'il réalise ce film.

Ainsi, il me parait logique que le sujet ne soit pas traité sous un angle psychologique... voir moraliste. Car oui, si Xavier Dolan avait eu 40 ans, il aurait pu avoir un regard détaché du conflit fils-mère, qui lui aurait permis de creuser le problème pour vraiment le comprendre.... Sauf que ce n'est pas le cas de "j'ai tué ma mère".
Dolan n'a pas le recul pour creuser les problèmes adolescents. C'est son premier film, donc il ne le fait pas. En tout cas il me semble que ça n'ai pas été son but.

Avant tout (et on le retrouve dans "les amours imaginaires") ce film est comme une histoire que l'on aurait écrite dans un cahier secret et que l'on décide de porter à l'écran. C'est l'illustration de sentiments confus, ingérables et passionnés, à un moment donné d'une vie. Le film n'est pas là pour faire l'apologie de la difficulté d'etre un ado gay élevé par une mère monoparentale. Il ne tire aucune conclusion sur le sujet. Il l'expose, juste.
Nous faire partager 'un état sentimentale est une demande terriblement simple que l'on peut faire au cinéma.

Car les longs plans, les cadrages,les ralentis, les semi vidéo clip....fonctionnent pour moi comme une immersion dans l'esprit d'Hubert. Lors des 30sc-1min de musique et de ralentis, aucun dialogue n'est entendu: ce qui nous reste a faire, c'est nous interroger sur la scène que l'on voit et l'interpréter en fonction de ce qui s'est passé 5 min avant.
Bien sur si on ne fait pas l'effort de se mettre dans l'esprit du personnage, la magie n'opère pas. Et on se fait chier.

Ce que nous offre Xavier Dolan dans ces deux films n'est pas une analyse sociologique, mais un partage de sentiments. Si les films de Dolan m'ont autant plu c'est justement pour leur modestie, puisqu'il ne cherche pas a nous imposer une morale. Il nous fait ressentir des émotions au travers de ses personnages durant 1h40 et, lorsque l'on ne s'y attend pas, nous en détache, et nous retournons à notre vie, nos sentiments.

Et je ne parle pas de l'esthétique, qui pour moi est aussi fine et délicate que la manière dont il expose les émotions les plus intimes.

vivement le prochain.
EliseEnj
9
Écrit par

Créée

le 16 déc. 2010

Critique lue 349 fois

EliseEnj

Écrit par

Critique lue 349 fois

6
1

D'autres avis sur J'ai tué ma mère

J'ai tué ma mère

J'ai tué ma mère

5

Sergent_Pepper

3175 critiques

Œdipe adipeux.

Voir J’ai tué à ma mère après Mommy a tout de retour aux sources et d’un voyage dans le temps qui, s’il semble bref puisque le film n’a que 5 ans, est en réalité bien ample au regard de la carrière...

le 29 oct. 2014

J'ai tué ma mère

J'ai tué ma mère

3

DjeeVanCleef

401 critiques

Tiguidou !

« Hubert se ronge les ongles et fait des manières » Bon, je sais que je vais encore passer pour un vieux con. J'ai l'habitude et je crois, pour te dire la vérité, que j'aime ça. Mon problème, pour...

le 12 juil. 2014

J'ai tué ma mère

J'ai tué ma mère

9

eloch

417 critiques

"Faudrait pouvoir se tuer idéalement dans nos têtes puis renaître après"

"C'est ça qui fait qu'ils deviennent fous. La tension est inévitable. Ils ne sont jamais dans le quotidien de la passion. Ce n'est pas vivable, jamais, un amour pareil... il n'y a que la mort qui...

le 3 janv. 2013