À l'automne 1888, un mystérieux tueur en série terrorise l'East End de Londres en y assassinant plusieurs prostituées. Les victimes sont retrouvées égorgées et éventrées en pleine rue. L'inspecteur Frederick Abberline de Scotland Yard est chargé de mener l'enquête avec son adjoint, le sergent George Godley. L'investigation s'annonce difficile : aucun témoin ne semble vouloir parler, les pistes sont nombreuses et la presse à scandale extrapole les faits.
Je me permets de laisser un petit avis sur cet excellent téléfilm, les notes étant peu nombreuses et les critiques inexistantes.
Jack l'éventreur met en scène Michael Caine, dans un rôle taillé sur mesure, et un casting impressionnant (Armand Assante, Jane Seymour, Lewis Collins, Lysette Anthony, Susan George, Roger Ashton-Griffiths, Harry Andrews...). Il a connu un beau succès lors de sa diffusion et a permis à son réalisateur de tourner ensuite, toujours avec Michael Caine, une adaptation du roman de R. L. Stevenson, Jekyll et Hyde. Cette oeuvre était toutefois nettement en deçà de ce Jack l'éventreur, passionnant de bout en bout, malgré des détails erronés reprocheront certains puristes (mais n'oublions pas qu'il ne s'agit pas d'un documentaire sur l'affaire, mais bien d'une oeuvre de fiction !). J'avais lu à l'époque que quatre fins différentes avaient été tournées pour ne pas spoiler ce que les scénaristes avaient imaginé. Pour les connaisseurs, attention, là c'est un spoil :
il me semble que le coupable ici est le même que dans l'oeuvre de Alan Moore et Eddie Campbell, From Hell
C'est fluide, c'est captivant dans la narration et le scénario s'attarde intelligemment sur la pression subie par la police, sur le rôle déterminant de journalistes pourris jusqu'à la moelle, sur le contexte social et les dissonances à l’œuvre entre les groupes, et enfin sur les répercussions politiques de l'affaire... Les personnages sont bien écrits, le suspense est à couper au couteau, et l'équipe a fait un travail remarquable de reconstitution du Londres poisseux et sordide de l'époque. David Wickes, à l'aide d'un scénario remarquable et d'une troupe de comédiens de grand talent, a réalisé ce qui reste comme une évocation magistrale de cette affaire, sans doute de très loin la meilleure (pour moi en tout cas).