Fabio est un gars un peu chelou, quarantenaire précaire et taiseux dans une famille d'origine itralienne ou ça tchatche. Il est secrètement en couple avec une femme bien plus agée et proche de la famille, mais n'assume pas cette relation. Voilà qu'il est convoqué pour être juré aux assises pour juger un pyromane dont un des feux a coûté la vie à un pompier. Cette expérience va peut-être décoincer des choses...
Je suis assez mitigé. On est sur un film de procès réussit: très belle mise en scène à la fois explicative et engagée sur le rôle des jurés sans être didactique. En témoigne les petits détails comme la manière dont sont réfuté les jurés tiré au sort, les débats de société intéressant qui animent les juges d'un jour entre les audiences, la procureure insupportable, le choix d'un accusé-coupable très marginal et malade psychiquement qu'on a envie d'aider mais qui se défend mal, que ni les parties civiles, ni les victimes, ni les magistrats, ni les jurés ne peuvent vraiment comprendre ce qui est magnifiquement résumé dans le climax du film: la bouleversante plaiedoirie qui rappelle - très justement - l'injustice de l'institution judiciaire.
Dans ce procès, Fabio est silencieux, il est même parfois absent de certaines scènes laissant place aux autres jurés, personnages secondaires plus volubiles. Et on sent que le réal veut que sa seule parole, lors de la délibération finale, prenne le dessus sur celles des autres, on sent qu'il veut que cette expérience change le personnage dans le reste de sa vie et paradoxalement, ce qu'il filme ne le montre pas totalement.
Bref il y a un décalage entre la justesse du film de procès et du personnage dans ce cadre là mais qui ne révèle pas totalement en dehors. La bonne idée initiale n'est pas réussie.