Je le jure
6.2
Je le jure

Film de Samuel Theis (2025)

Le cinéma, c'est tout un univers de violences banalisées, de rapports de dominations savamment mélangés à un joyeux esprit de camaraderie, qui flirt souvent avec l'amitié, sinon l'amour. Une équipe de tournage, ce sont des personnes enfermées dans une activité professionnelle pendant des semaines, sinon des mois, et dont les relations sociales sont souvent réduites à nos seuls collègues.

On mange ensemble, on rit ensemble, on fait la fête ensemble, on prend de la drogue ensemble, on couche ensemble, et on fait souvent même notre vie ensemble.

Une idylle si nous étions tous bons amis. Un cauchemar si nous transposions une telle situation à n'importe quelle entreprise, qui plus est à la hiérarchie strictement verticale, à l'organisation militaire, et au contexte de travail stressant, dans un climat d'urgence permanente ou chaque minute et chaque euro compte.

Les agressions sexuelles sont d'une désespérante banalité, les chefs de postes sont auréolés de toute puissance, les comédien.ne.s et réalisateurices sont servis comme des rois et reines. Comment dire NON à son pote et supérieur et employeur et personnalité publique notoire, qui s'il le prend mal a le pouvoir de te placer sur liste noire ?


Je ne l'ai pas fait personnellement, je me suis tû comme la plupart des collègues. J'admire la dénonciation d'abus et la soutient de tout cœur, bien que je ne sois pas naïf quand à l'issue d'une plainte.


En ce qui concerne l'auteur de violences, je ne doute pas, en general, de sa sincérité quand il se croit innocent. Comment se croire agresseur quand tout le monde dit oui, et accède au moindre désir avec une apparente joie de faire ? Le cinéma est une usine à violeurs.


Mais qu'on est il alors de la responsabilités des auteurs ? Et ironie du sort, que devient le sens de leurs œuvres surtout lorsqu'il s'agit de traiter de violence, et de responsabilité.


Samuel Theis pourrait peut être nous proposer un angle de réflexion à l'avenir, que je proposerais volontiers de consulter, mais en aucun cas de "consommer". Ne soutenons pas financièrement les personnes qui entretiennent les violences et l'impunité des auteurs dans un monde aussi nocif que le nôtre, et tout particulièrement dal'industrie du spectacle.

GazouP
5
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le 8 juin 2026

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GazouP

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